vendredi, 23 février 2007
L’hymne à la charité
Dimanche de la Quinquagésime : 18.02.2007
Si nous observons ce qui se passe dans le monde, nous sommes obligés de constater que les hommes parlent beaucoup de solidarité avec les pauvres, avec les plus démunis. Le tsunami de 2004 a été un grand exemple de solidarité à l’échelle planétaire : des dons ont été recueillis, des collectes ont été réalisées partout dans le monde pour venir en aide aux sinistrés du tsunami et encore plus récent, plusieurs pays ont décidé de donner quelque chose pour la reconstruction du Liban après la guerre entre Israël et le Hezbollah. Régulièrement, les hommes les plus riches du monde donnent des millions de dollars pour des œuvres humanitaires : lutte contre le cancer, lutte contre la pauvreté. Nous voyons aussi les personnes célèbres du cinéma, du sport, de la culture devenir des ambassadeurs de bonne volonté des institutions de l’ONU.
Et la grande question que nous pouvons nous poser devant tous ces éléments est la suivante : toute cette solidarité, toute cette générosité en millions de dollars, tout cet effort humanitaire vient-il ou non de la charité ?
La solidarité est une bonne chose mais la solidarité est purement naturelle ; la charité est surnaturelle. Même si je n’ai pas la charité, je peux être solidaire des malheureuses victimes du tsunami. En soi, il n’est pas mauvais de donner des millions de dollars mais même si je n’ai pas la charité, je peux donner des millions de dollars. Faire de l’humanitaire est aussi une bonne chose mais cela est encore naturel ; même sans la charité, je peux faire de l’humanitaire.
La charité ne consiste pas d’abord à être solidaires des malheureux, ni à donner de l’argent en abondance, ni à ne se lancer dans l’humanitaire. Toutes ces choses sont naturelles tandis que la charité est surnaturelle. Saint Paul nous prévient très clairement : « Quand je distribuerai tous mes biens pour nourrir les pauvres, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » Il est donc tout à fait possible d’être solidaire, de donner largement de son argent sans avoir la charité.
La charité consiste en premier lieu non dans l’amour du prochain, non dans l’amour du pauvre mais dans l’amour de Dieu. Toute cette solidarité, toute cette largesse, tout l’humanitaire s’adressent uniquement et exclusivement à l’homme et rien qu’à l’homme. La charité consiste en premier lieu dans l’amour de Dieu et cet amour de Dieu est résumé dans les trois premiers commandements, les commandements de la première table de la Loi : l’adoration due à Dieu, le respect du à Dieu et la sanctification le jour du Seigneur.
Dans le monde d’aujourd’hui, où est l’adoration et le respect qui sont dus à Dieu ? Ceux qui se donnent totalement à la solidarité sont-ils des adorateurs de Dieu ? Les célébrités du cinéma, de la culture, du sport sont-ils les premiers à respecter le nom de Dieu ? Dans le monde d’aujourd’hui, où est la sanctification du jour du Seigneur ? A Bruxelles, où 65% de la population se dit catholique, moins de 5% seulement sanctifie le jour du Seigneur. La charité consiste en premier dans l’observation de ces trois commandements. Les péchés commis contre ces commandements sont en soi bien plus graves que tous les autres péchés ; bien plus graves que l’avortement ; bien plus graves que les péchés de la chair car tous ces péchés ne sont pas d’abord directement contre Dieu mais d’abord directement contre le prochain tandis que le non-respect du jour du Seigneur est un péché qui va directement contre Dieu.
Saint Paul nous aide à ne pas nous laisser tromper par les choses de ce monde, par ce qui se passe dans ce monde qui n’a pas en lui l’amour de Dieu. Celui qui aime Dieu, sera nécessairement solidaire du pauvre, il donnera largement de ses biens. Celui qui n’aime pas, et c’est le cas de l’homme moderne, pourra aussi être solidaire et donner largement de ses biens mais comme il lui manque la charité, cela ne sert de rien.
20:40 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, seigneur, humanitarisme, charité, péché, catholiques, belgique










