samedi, 27 janvier 2007
entretien de Mgr Centène sur Radio Notre-Dame à propos de son soutien à la Marche pour la vie
Voici l'entretien de Mgr Centène sur Radio Notre-Dame, envoyé par le secrétaire de l'évêque
Maryvonne Gasse
1ère question : Vous êtes un des 1ers évêques à soutenir cette marche. Pourquoi avoir accepté de la soutenir ?
J'ai accepté de soutenir cette Marche pour plusieurs raisons :
- d'abord parce qu'il faut que ceux qui travaillent pour le respect de la Vie se sentent soutenus dans leurs convictions et dans leurs actions.
- j'ai accepté de soutenir cette Marche en tant que chrétien et pasteur de l'Eglise parce que la Vie est d'abord un don de Dieu qu'il nous faut accueillir. C'est le premier et le plus grand de tous les dons. C'est une participation à l'être même de Dieu qui est le Vivant. Pour les croyants, c'est ce qui fonde la transcendance de la personne humaine, ce qui fait que la personne humaine est éminemment digne de respect.
- enfin j'ai accepté de soutenir cette Marche en tant qu'homme et que citoyen tout simplement. En effet, que l'on soit croyant ou non, il faut affirmer le primat de la vie humaine.
Je serais tenté de dire, mais c'est une boutade, que les non-croyants devraient être encore plus vigilants que les autres.
Comme le chantait Georges Brassens : "la vie est le seul luxe qu'il leur reste ici bas".
Que l'on soit croyant ou non, si on ne respecte pas la personne humaine comme un principe absolu, il n'y a plus rien de respectable : tout s'effiloche et devient relatif. Le respect de la Vie transcende la société et transcende les lois.
2e question : Quel impact cette Marche peut-elle avoir sur les débats électoraux ?
Ce n'est le rôle de l'Eglise de faire de la politique politicienne, et de plus, je crois que pas un seul candidat n'a inscrit l'abrogation de l'avortement sur son programme.
Mais c'est le rôle de l'Eglise de rappeler les valeurs morales et l'importance du droit naturel, les fameuses "lois non écrites" qu'évoque Sophocle, sans lesquelles même les démocraties peuvent dériver vers un totalitarisme scientifique et feutré.
3ème question : beaucoup de chrétiens ont souvent le sentiment que ce combat est perdu d'avance, que leur répondez-vous ?
Je leur répondrais que le désespoir est une sottise.
Si on se place en terme de combat, leur objection est acceptable. Mais c'est au niveau du témoignage et de l'éveil des consciences qu'il faut se placer.
C'est la parabole du grain de sénevé. C'est la plus petite des graines mais elle devient la plus grande des plantes potagères.
Une parole de sagesse juive dit que : "lorsqu'un homme sauve une vie, c'est comme s'il avait sauvé le monde".
La vie, il faut la sauver, quand elle est faible !
Les évêques de France l'ont rappelé dans "le message à l'occasion des prochaines élections" intitulé "Souviens-toi de ton frère" : " comment construire la confiance si la société accepte l'exclusion des plus faibles depuis la pratique de l'avortement jusqu'à la tentation de l'euthanasie ?"
Vous voyez que si je suis l'un des rares évêques à soutenir cette manifestation, tous sont sur la même longueur d'onde pour le respect de la Vie depuis sa conception jusqu'à son terme naturel.
20:00 Publié dans Ethique, France, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : marche pour la vie, mgr centène, radio notre-dame










