mardi, 15 juillet 2008

Bref historique de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus - conférence spirituelle


Introduction

Sacre_Coeur.gifNous ne trouvons ni le nom, ni l'idée complexe de la dévotion au Sacré-Cœur dans les premiers siècles de l'Eglise. Mais nous pouvons y découvrir au moins éparses les vérités dont nous avons maintenant la synthèse.

C'est aux XIe-XIIe siècles que nous trouvons les premières traces de la dévotion au Sacré-Cœur. Cette dévotion semble venir de la dévotion envers le côté ouvert de Jésus.

À partir du XIIe siècle, les textes relatifs à la dévotion au Sacré-Cœur se multiplient en particulier avec sainte Mechtilde, sainte Gertrude et saint Bonaventure. Chez les deux premières, nous trouvons des exercices de piété en l'honneur du Sacré-Cœur.

Du XIIIe au XVe siècle, la dévotion au Sacré-Cœur se diffuse progressivement parmi les différents ordres en particulier les dominicains avec les mystiques rhénans et les chartreux qui avaient sous leurs yeux l'image du Sacré-Cœur dans leurs livres et leur ornementation architecturale.

Au XVIe siècle, la dévotion au Sacré-Cœur se constitue en exercices de piété bien déterminés selon les courants religieux. Un centre de référence est la Chartreuse de Cologne où saint Pierre Canisius puisa sa dévotion au Sacré-Cœur.

Au XVIIe siècle, cette dévotion qui est surtout pratiquée par des âmes mystiques devient de plus en plus ascétique c'est-à-dire pratiquée par tous les fidèles.

I. Les origines scripturaires de la dévotion au Sacré-Coeur

L'évangile de la fête du Sacré-Cœur donne l'origine scripturaire du culte du Sacré-Cœur. C'est le passage de l'évangile de saint Jean dans lequel est relaté le coup de lance qui transperce le côté de Jésus. Il en sort du sang et de l'eau, symboles de l'eucharistie et du baptême. Il y a donc un lien entre le Sacré-Cœur et les sacrements, en particulier le sacrement d'amour.

II. Le culte du Sacré-Cœur chez les Pères et les Docteurs de l'Eglise

Origène (185-254). Le grand exégète et théologien d'Alexandrie a deux passages très intéressants sur le Cœur de Jésus. Voici le premier passage : « Il est certain que Jean a reposé à proximité du cœur de Jésus, au milieu des plus profonds secrets de sa doctrine. C'est là qu'il a puisé les trésors de science et de sagesse qui étaient cachés en Jésus-Christ. » Ce passage rappelle l'invocation des litanies du Sacré-Cœur dans laquelle il est dit que dans le Cœur de Jésus se trouve tous les trésors de la sagesse et de la science. Voici le second passage : « L'âme repose sur la poitrine du Sauveur, parce que là est le cœur, dont le rôle principal est l'amour. »

Saint Grégoire de Nazianze (330-390). Evêque de Nazianze, Père et Docteur de l'Eglise, saint Grégoire a ces lignes magnifiques : « Y a-t-il un exemple plus grand que celui qui nous vient du cœur de Jésus ? Il est l'unique original de toute sainteté. Toutes les vertus y sont renfermées comme dans leur source. Et, parce que, seul, Il les possède d'une manière indépendante, Il nous les donne de son plein gré, par le seul mouvement de sa charité. » Ces paroles du saint docteur préludent  aux invocations suivantes des litanies : Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté ; Cœur de Jésus, abîme de toutes les vertus.

Saint Ambroise (339-397). Évêque de Milan et Docteur de l'Eglise, saint Ambroise s'exprime ainsi au sujet du Sacré-Coeur : « Son cœur, qui a été transpercé par la lance, est devenu notre cœur et par lui nous aimons le Père. »

Saint Paulin (353-431). Evêque de Nole, saint Paulin écrit que : « Jean, qui eut le bonheur de reposer sur la poitrine du Seigneur, puisa dans le cœur même de la Sagesse créatrice des pensées plus hautes que toute  créature. »

Saint Anselme (1033-1109). Archevêque de Cantorbéry et Docteur de l'Eglise, saint Anselme est considéré comme le père de la Scolastique ou de l'exposition scientifique des données de la foi. Il meurt à Cantorbéry en 1109.

Dans sa 12e Méditation, nous lisons : « Vous vous êtes engagé à nous donner un cœur et un esprit nouveau, si nous rentrons en nous-mêmes, et vous avez promis de nous fixer dans votre Cœur et dans votre Ame … Je veux répondre à votre appel, ô mon Dieu, en revenant au cœur, c'est-à-dire à Vous-même qui êtes ce Cœur où mon âme vit … C'est ce cœur pur que je vous demande, ô mon Dieu, de créer en moi »

Dans sa 15e Méditation, il écrit : « Examinez, je vous prie, quel est le disciple qui repose sur le Cœur de Jésus … Sur le Cœur adorable, Jean s'enivra du vin de l'allégresse dans la contemplation de la divinité … En ouvrant ses bras, il nous montre qu'il désire ardemment nous serrer dans son Cœur … Cette blessure ne nous a-t-elle pas révélé les trésors infinis de sa bonté, c'est-à-dire, toute la charité de son Cœur pour nous ? »

Saint Bernard (1090-1153). Abbé de Clairvaux et Docteur de l'Eglise, saint Bernard a un beau passage sur le Sacré-Cœur dans un de ses sermons sur la Passion : Puissé-je mériter d'habiter dans votre Cœur tous les jours de ma vie … Votre Cœur a été blessé afin que nous puissions habiter en Lui, en Vous-même Qui n'aimerait un Cœur blessé de la sorte ? »

Saint Antoine de Padoue (1195-1231). Franciscain et Docteur de l'Eglise, saint Antoine de Padoue revient souvent dans ses écrits et ses sermons sur le Sacré-Cœur. Citons le passage suivant : « (La plaie du côté) mène à son Cœur et c'est là qu'il appelle l'âme dont il a fait son épouse … il lui a ouvert son côté et son Cœur pour qu'elle vienne s'y cacher … l'âme religieuse trouvera dans le Cœur de Jésus, avec un asile contre les machinations de Satan, une délicieuse retraite. »

Saint Bonaventure (1217-1274). Cardinal d'Albano et Docteur de l'Eglise, saint Bonaventure a eu une dévotion ardente et tendre envers le Sacré-Cœur. Il insiste en particulier sur son désir de pénétrer dans le Cœur de Jésus « pour y fixer sa demeure à jamais »

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274). Dominicain et Docteur de l'Eglise, saint Thomas a écrit une œuvre abondante dansSt_Thomas.jpg laquelle nous trouvons de nombreux passages sur le Cœur de Jésus. Le Cœur de Jésus est pour lui la porte de la vie éternelle, le témoignage d'une très grande dilection, un principe de foi et de persévérance, le remède au péché.

Saint Pierre Canisius (1521-1597). Jésuite et Docteur de l'Eglise, saint Pierre Canisius fut un fidèle disciple et un apôtre zélé du Cœur de Jésus. Il brûlait d'un feu surnaturel puisé dans le sanctuaire de ce Cœur. Il méditait sur les souffrances du Cœur de Jésus qu'il saluait chaque matin tandis que le soir, son action de grâce était tournée vers ce même Cœur. Il commençait ses occupations en invoquant le Sacré-Cœur et dans son testament, il nous a laissé un monument de son Amour pour le Sacré-Cœur. Nous pouvons penser que cet amour pour le Sacré-Cœur lui a été donné par la Chartreuse de Cologne

Saint François de Sales (1567-1622). Évêque de Genève et Docteur de l'Eglise, saint François de Sales a aussi une adente dévotion envers le Sacré-Cœur de Jésus. Le pape Pie IX affirme qu'il a « jeté les germes de cette dévotion au Sacré-Cœur que nous la grande joie de merveilleusement propagée. »

Il parle du Sacré-Cœur dans le Traité de l'Amour de Dieu et dans une lettre de 1611 à sainte Jeanne de Chantal, il écrit que « Notre petite congrégation est un ouvrage du Cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l'ouverture de son Sacré-Cœur. » Il disait à religieuses de la Visitation : « Ne voulez-vous pas être les adoratrices et les servantes du Cœur de ce divin Sauveur ? »Il souhaitait qu'elles deviennent les filles du Sacré-Cœur de Jésus.

III. Le culte du Sacré-Cœur en Alsace entre 1152 et 1350

Haguenau. L'empereur Frédéric Barberousse agrandit la chapelle palatine, berceau de la ville de Haguenau, pour y placer deux reliques insignes de la Passion : une partie de la couronne d'épines et la sainte Lance qui a transpercé le côté du Christ. Un important pèlerinage se développa et la dévotion à la sainte Lance fut naturellement unie à la dévotion au Sacré-Cœur. La sainte Lance y séjourna d'environ 1152 à 1209.

Colmar. Le relais dans la dévotion au Sacré-Cœur a été fait par le couvent d'Unterlinden, à Colmar, sous la direction des dominicains. Certains de ces dominicains sont les grands représentants de la mystique rhénane. Dans ce couvent d'Unterlinden existait une fête de la plaie du Sacré-Côté. Cette fête se célébrait le vendredi après l'octave de la Fête-Dieu. Dans le même couvent, chaque vendredi de l'année était consacré au Sacré-Cœur. Plusieurs salles du couvent étaient également consacrées au Sacré-Cœur comme le réfectoire au Cœur très pur de Jésus, le dortoir au Cœur patient et la salle du chapitre au Cœur humble de Jésus.

Les mystiques rhénans. Le premier grand représentant de la mystique rhénane est saint Albert le Grand (1193-1280) qui enseignait la science du Sacré-Cœur et le lien entre le Sacré-Cœur et le sacrement de l'eucharistie.

            Le deuxième grand nom est celui de Maître Eckart (1260-1327). Il a davantage insisté sur le lien entre le Sacré-Cœur et l'eucharistie. Il voulait unir les deux grandes dévotions populaires : dévotion au Cœur de Jésus et la dévotion à la sainte Hostie.

            Le troisième grand représentant de la mystique rhénane est Tauler(1295-1361). Il a été l'élève de Maître Eckart. Il est considéré comme le plus prédicateur de langue allemande du temps de la foi et comme un des plus grands mystiques de tous les temps. Il connaît les écrits des deux grandes mystiques que sont sainte Mechtilde et sainte Gertrude la Grande. Il exhorte à se réfugier dans le Cœur de Jésus pour une transformation intérieure et profonde. Il demande aussi une communion de souffrance avec le Cœur de Jésus pour le salut des âmes. Il pousse à la communion pour recevoir les richesses contenues dans le Cœur de Jésus.

            Le dernier nom à retenir est celui du bienheureux Henri Suso (1300-1366), disciple lui aussi de Maître Eckart. Suso eut toute sa vie un attachement profond au Cœur de Jésus. Dans les nombreuses souffrances de sa vie, il aimait à se réfugier dans le Sacré-Cœur.

IV. Le culte du Sacré-Cœur chez les saints depuis le XIIIe siècle

Sainte Mechtilde (1241-1298). Bénédictine du monastère de Helfta en Saxe, sainte Mechtilde est une des plus célèbres mystiques avec sainte Gertrude, religieuse du même monastère. Comme cette grande mystique, elle a été une grande zélatrice de la dévotion au Sacré-Cœur. Voici deux passages de ses écrits qui nous rapportent les grâces qu'elle a reçu du Sacré-Cœur. : « S'il me fallait écrire tous les biens qui me sont venus du très bénigne Cœur de Jésus, un livre gros comme celui des Matines n'y suffirait pas. » Et ailleurs, elle dit : « Par ce Cœur nous recevons la communication de tous les biens. »

Sainte Gertrude la Grande (1256-1303). Bénédictine du monastère de Helfta en Saxe, sainte Gertrude la Grande porta sa piété de préférence vers le Cœur de Jésus. Elle aimait réciter cette belle prière : « O Sainteté du Cœur de Jésus, consacrez mon cœur. Providence du Coeur de Jésus, veillez sur mon cœur. Immutabilité du Cœur de Jésus, affermissez mon cœur. Pureté du Cœur de Jésus, purifiez mon cœur. Obéissance du Cœur de Jésus, assujettissez mon cœur. Amabilité du Cœur de Jésus, découvrez-vous à mon cœur. »

Sainte Gertrude a joué un grand rôle dans le développement de la dévotion au Sacré-Cœur. Elle a influencé le chartreux Lansperge de la Chartreuse de Cologne (mort en1539) et le vénérable bénédictin Louis de Blois (mort en 1566) qui vous répandre ses écrits à savoir Le Héraut de la tendresse divine.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380). Tertiaire dominicaine, sainte Catherine de Sienne disait à Jésus : « … tant que jesacrecoeur_espagnol.jpg ne serai pas parvenue à me cacher toute entière dans votre divin Cœur, je ne goûterai jamais le repos. » Elle écrivait à un prêtre : « Dans le côté du Christ, vous trouverez l'amour de son Cœur, car tout ce qu'il a fait pour nous, a été fait avec l'amour de ce Cœur. »

Saint Jean Eudes (1601-1680). Fondateur de la Congrégation des saints Cœurs de Jésus et de Marie, saint Jean Eudes est l'auteur du culte liturgique des Cœurs sacrés de Jésus et de Marie. Saint Pie X l'appelle le docteur et l'apôtre du culte liturgique du Sacré-Cœur.

Il brûlait d'un amour tout spécial pour les Cœurs de Jésus et de Marie. Sa congrégation célébra pour la première fois en 1672 la messe et l'office du Sacré-Cœur. » Grâce à son influence, la dévotion au Sacré-Cœur est passée du domaine privé au domaine public. Il s'est inspiré de la plupart de ces devanciers, en particulier de sainte Gertrude, saint François de Sales et du cardinal de Bérulle. Il nous présente le Sacré-Cœur comme l'Amour de Jésus pour son Père, comme le grand moyen de nous unir au Père.

Sainte Marguerite-Marie (1647-1690). Religieuse de la Visitation de Paray-le-Monial, sainte Marguerite-Marie est à l'origine de la diffusion dans le peuple de la dévotion au Sacré-Cœur grâce aux révélations dont elle a été favorisées par le Cœur de Jésus. Ces révélations ont été nombreuses mais deux seulement ont été qualifiées de grandes par le pape Pie XI à savoir celles de 1673 et de 1675.

            La première grande apparition est la manifestation des cinq plaies toutes rayonnantes surtout celle du côté du Christ ; elle montre la charité de Dieu pour les hommes. La seconde grande apparition est la plus grande et la plus célèbre selon les mots de Pie XI. Cette apparition demande l'établissement d'une dévotion réparatrice au Sacré-Cœur en raison de l'indifférence et l'ingratitude des hommes devant un si grand amour. C'est la dévotion des premiers vendredis du mois et la demande de l'institution de la fête du Sacré-Cœur le vendredi après l'octave de la fête du très saint sacrement.

            Le bienheureux Claude de la Colombière (mort en 1682), jésuite et confesseur de sainte Marguerite-Marie, a joué un rôle très important dans l'établissement du culte du Sacré-Cœur. Il a gagné plusieurs personnes à cette dévotion aussi bien en Angleterre qu'en France. Il a continué son rôle après sa mort selon les dires de sainte Marguerite-Marie elle-même. Enfin, il peut être considéré comme à l'introducteur de cette dévotion dans la Compagnie de Jésus.

V. Le culte du Sacré-Cœur et les souverains pontifes

Clément X (1670-1676). À la demande de saint Jean Eudes, Clément X fit publier six brefs concédant des indulgences en faveur de confréries en l'honneur du Sacré-Cœur.

Clément XIII (1758-1769). Ce pape approuva le 6 février 1765 pour le royaume de Pologne, l'office et la messe propres de la fête du Sacré-Cœur. Il étendit ce privilège aux religieux de la Visitation le 10 juillet de la même année, au diocèse de Rome et pour tous les diocèses qui en feraient la demande.

Pie VI (1800-1823). Par un décret de 1819, il éleva la fête du Sacré-Cœur au rite double de première classe pour la Terre sainte.

Pie IX (1846-1878). Le 23 août 1856, à la demande des évêques de France, Pie IX étendit la fête du Sacré-Cœur à l'Eglise universelle sous le rite double majeur. En 1864, lors de la béatification de Marguerite-Marie, il fit un pressant appel en faveur de la dévotion au Sacré-Cœur. En 1875, il proposa aux fidèles du monde entier un acte de consécration au Sacré-Cœur.

Léon XIII (1878-1903). En 1889, il engagea les fidèles à redoubler de piété envers le Sacré-Cœur. À la demande de plusieurs évêques, le 28 juin de la même année, Léon XIII étendit  la fête du Sacré-Cœur au rite double de première classe. Au début de l'année 1899, il approuva les litanies du Sacré-Cœur. La même année, il publia l'encyclique Annum sacrum dans laquelle il annonçait son intention de faire une consécration du genre humain au Sacré-Cœur. Le 11 juin 1899 avait lieu cette consécration. Il recommandait la récitation de prières en l'honneur du Sacré-Cœur surtout pendant le mois de juin. Il invitait également à la pratique de la communion réparatrice et celle du premier vendredi du mois.

Saint Pie X (1903-1914). En 1906, en réponse à de nombreuses suppliques, il demanda le renouvellement annuel de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur. Il approuva en 1908 l'apostolat de l'intronisation du Sacré-Cœur dans la famille par le Père Mateo Crawley. En 1909, il béatifia Jean Eudes en le qualifiant  de père, d'apôtre et de docteur du culte liturgique du Sacré-Cœur.

Benoît XV (1914-1922). En 1921, il canonisa la grande confidente du Sacré-Cœur et il en profitant pour recommander la dévotion au Cœur de Jésus. La même année, il approuva un office et une messe propres en l'honneur du très saint Cœur eucharistique de Jésus dont la fête fut fixée au jeudi après l'octave de la Fête-Dieu.

L'encyclique du pape Pie XI, Miserentissimus Deus du 8 mai 1928. Dans cette encyclique, le pape Pie XI entend rappeler le devoir de réparer l'ingratitude des hommes envers la miséricorde infinie du Cœur de Jésus. La dévotion au Sacré-Cœur est justement une preuve de plus de cette miséricorde infinie. Il recommande pour réaliser ce devoir de réparation les demandes du Sacré-Cœur à savoir la communion réparatrice et l'heure sainte. Il joint à l'encyclique une Amende honorable à réciter chaque année lors de la fête du Sacré-Cœur. Et il élève cette même fête au rang de double de première classe avec octave.

PIUSXII.jpgL'encyclique du pape Pie XII, Haurietis aquas du 15 mai 1956. Cette encyclique a été écrite à l'occasion du bicentenaire de l'institution de la fête du Sacré-Cœur et du centenaire de l'extension de cette fête à l'Eglise universelle. Pie XII y rappelle l'importance de la dévotion au Sacré-Cœur et il insiste sur l'amour de Dieu pour le genre humain, amour symbolisé et matérialisé par le Sacré-Cœur de Jésus. Le pape reprend ensuite toute l'histoire de la dévotion au Sacré-Cœur.

Litanies du Sacré-Cœur

Elles sont approuvées par la Congrégation des Rites en 1889. Elles comptent 33 invocations en souvenir des 33 années de la vie du Christ. Ces invocations ont trois sources à savoir les litanies écrites par une visitandine de Dijon en 1678 (27 invocations ont été reprises) ; les litanies écrites par un jésuite français en 1688 (5 invocations ont été reprises) et une invocation introduite par la Congrégation des Rites.

lundi, 19 mai 2008

Fidélité à l'enseignement du Saint-Esprit

Sermon de Pentecôte 2008

1196673434.jpgDans l'évangile de ce dimanche de la Pentecôte, Notre Seigneur nous dit que le Saint-Esprit nous enseignera toutes choses.  Dans l'Eglise du Dieu, il n'y a qu'une personne qui enseigne et c'est le Saint-Esprit. Aucun enseignement n'est valable, aucun enseignement n'est obligatoire s'il n'est conforme à l'enseignement du Saint-Esprit. Aucun homme d'Eglise, quel que soit son grade dans l'Eglise, ne peut enseigner autre chose que ce que le Saint-Esprit a enseigné. Mais cela est également vrai pour les simples fidèles qui ne peuvent enseigner à leurs enfants un enseignement qui ne serait pas conforme à l'enseignement du Saint-Esprit.

Et nul dans l'Eglise du Christ ne peut recevoir un enseignement différent de celui qui est donné par le Saint-Esprit. Dans l'épître aux Galates, saint Paul leur reproche justement d'avoir abandonné l'enseignement du Saint-Esprit pour recevoir un évangile différent de l'Evangile que saint Paul leur avait prêché. Pour saint Paul, un tel abandon est insensé : oui, il est vraiment insensé de recevoir un enseignement qui n'est pas celui du Saint-Esprit.

Tout homme d'Eglise doit donc enseigner non ce qui lui plaît, ni ce qui serait le fruit de ses recherches personnelles, mais il doit enseigner ce que le Saint-Esprit a enseigné. Toujours dans l'épître aux Galates, saint Paul insiste sur cette nécessité de l'accord entre l'enseignement de l'homme d'Eglise et l'enseignement du Saint-Esprit. Il affirme même que si par malheur, il se mettait à prêcher un autre évangile que celui du Saint-Esprit, qu'il soit anathème c'est-à-dire condamné. Tout homme d'Eglise qui prêcherait un évangile différent serait donc anathème et sa prédication serait nulle et sans autorité.

Pourquoi une telle conformité avec l'enseignement du Saint-Esprit est-elle nécessaire ? Tout simplement parce que le Saint-Esprit est l'Esprit de vérité. La vérité ne se contredit pas ; ce que le Saint-Esprit a enseigné, le Saint-Esprit ne peut pas un jour plus tard le contredire. Ce que le Saint-Esprit a enseigné il y a mille ans, le même Saint-Esprit ne peut mille plus tard enseigner exactement le contraire.

Donnons deux exemples : la résurrection du Christ et la séparation entre l'Eglise et l'Etat. Le Saint-Esprit a enseigné que le Christ est essuscité. Le même Saint-Esprit ne peut deux mille ans plus tard enseigner que le Christ n'est pas ressuscité ou que cette résurrection est purement symbolique et non réelle. Aucun homme d'Eglise ne peut enseigner que le Christ n'est pas réellement ressuscité. Le Saint-Esprit a condamné la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; le même Saint-Esprit ne peut pas enseigner plus tard que cette séparation est une bonne chose. Deux choses l'une : ou c'est le Saint-Esprit qui a condamné la séparation entre l'Eglise et l'Etat et alors ce n'est pas le Saint-Esprit qui enseigne que cette séparation est une bonne chose ; ou c'est le Saint-Esprit qui enseigne que la séparation entre
l'Eglise et l'Etat est une bonne chose et alors ce n'est pas le Saint-Esprit qui a condamné la séparation entre l'Eglise et l'Etat.

Saint Paul a prédit qu'il viendrait un temps où les hommes ne supporteront plus l'enseignement du Saint-Esprit et se tourneront vers les fables. Peut-être que nous vivons ce temps-là. Saint Paul donne le remède : rester fidèle à l'enseignement du Saint-Esprit et ne pas changer. Si nous vivons ce temps où même les hommes d'Eglise n'enseignent plus ce que le Saint-Esprit a enseigné par exemple concernant la résurrection du Christ et la séparation entre l'Eglise et l'Etat, nous devons rester fidèles à l'enseignement du Saint-Esprit.

Que le Saint-Esprit nous garde tous dans la fidélité à son enseignement ! Ainsi soit-il !

lundi, 05 mai 2008

Sermon - Le Saint-Esprit

1817331391.jpgDimanche après l'Ascension, le 04.05.2008

L'évangile nous parle du Saint-Esprit que Jésus promet d'envoyer à ses Apôtres.

Qui est le Saint-Esprit ? Quel est son rôle ?

Le Saint-Esprit est l'Amour qui unit le Père et le Fils et cet Amour constitue une personne divine : la personne du Saint-Esprit. Le rôle du Saint-Esprit est de sanctifier, de rendre saints. Par sa vie, Jésus nous a obtenu d'être sanctifiés et cette sanctification est accomplie par le Saint-Esprit. C'est en ce sens que le Saint-Esprit vient achever la mission de Jésus ; Il vient nous communiquer la sainteté que Jésus nous a méritée.

Le Saint-Esprit est sanctificateur parce qu'Il nous communique cet Amour qui unit le Père et le Fils. Il n'y a pas de sainteté en dehors de cette participation à l'Amour qui unit le Père et le Fils. C'est pourquoi c'est le Saint-Esprit qui nous communique la charité par laquelle nous aimons Dieu et le prochain en Dieu. En nous communiquant la charité, le Saint-Esprit communique également les sept dons qui reposent sur l'amour de Dieu et du prochain.

Il y a une hiérarchie entre les dons du Saint-Esprit : le plus parfait est le don de sagesse et le moins parfait est le don de crainte de Dieu.

Il y a deux types de crainte de Dieu : il y a la crainte servile qui fait craindre Dieu parce qu'Il a le pouvoir de punir en particulier par l'Enfer éternel ; et il y a la crainte filiale qui fait craindre Dieu comme un fils craint de déplaire à son père. La crainte filiale découle de l'amour : celui qui aime ne veut pas faire ce qui déplaît à la personne aimée.

Le don de crainte de Dieu découle de la charité et non de la peur de l'Enfer et des peines que Dieu réserve aux pécheurs. Par ce don, le Saint-Esprit nous fait agir comme un fils vis-à-vis de son père. Nous sommes les enfants de Dieu et par le don de crainte de Dieu, le Saint-Esprit nous pousse à ne pas faire ce qui déplaît à Dieu. Comment peut-on prétendre aimer Dieu et en même temps ne pas se gêner en faisant ce qui Lui déplaît ?

Le don de crainte de Dieu nous pousse à observer les commandements de Dieu car il plaît à Dieu que ses enfants observent ses commandements.
Comment donc prétendre aimer Dieu et ne pas aller à la messe du dimanche comme Dieu nous le demande dans son troisième commandement ?
Comment prétendre aimer Dieu et vivre en dehors des lois du mariage (comme les divorcés-remariés) alors que cela est opposé au sixième commandement de Dieu ? Ainsi se trouve démasquée l'erreur de ceux qui parlent de l'amour de Dieu tout en ne respectant pas les commandements de Dieu.

Jésus qui, était rempli du Saint-Esprit, était bien évidemment rempli des sept dons et en particulier du don de crainte de Dieu. Il ne craignait pas les peines de l'Enfer, ni les autres qui sont pour les pécheurs ; mais il ne voulait pas faire ce qui déplaisait à son Père.
Il disait : « Ce qui plaît à mon Père, je le fais toujours. »

Que le Saint-Esprit nous remplisse de son don de crainte de Dieu afin que notre volonté soit de faire toujours ce qui plaît à notre Père, ainsi soit-il !

jeudi, 22 mars 2007

le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé

Voici un extrait de l’exhortation apostolique de Benoît XVI Sacramentum caritatis  rendue publique le  mardi 13 mars:

 

 «En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales:

il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une

exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant

 les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille

fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes.

 Ces valeurs ne sont pas négociables.

Par conséquent les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent

se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par

 les valeurs fondées sur la nature humaine.) Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29).

Les évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur

 responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié» (n. 83).

mardi, 13 février 2007

Parabole du semeur


Dimanche de la Sexagésime : 11.02.2007

 

« L’ignorance des Ecritures, c’est l’ignorance du Christ » Cette phrase de saint Jérôme nous rappelle l’importance capitale de la Parole de Dieu qui est le Christ. Contrairement aux protestants et aux modernistes, la sainte Eglise enseigne que la Parole de Dieu est double : la Parole de Dieu non-écrite et la Parole de Dieu consignée par écrit.

La Parole de Dieu non-écrite est communément appelée Tradition et cette Parole de Dieu non-écrite est plus ancienne et plus complète que la Parole de Dieu consignée par écrit. Moïse est le premier à avoir écrit la Parole de Dieu et pourtant Dieu n’a pas attendu Moïse pour semer sa Parole, pour Parler aux hommes. Dieu a d’abord parlé et ce n’est que plus tard que les hommes ont mis par écrit une partie de sa Parole. Il en va de même du Christ : Il a commencé par parler ; Lui-même n’a rien écrit mais après Lui, ses disciples ont mis par écrit une partie de ses paroles. Le premier évangile n’a été écrit qu’une vingtaine d’années après la mort du Christ.

La Parole de Dieu non-écrite est aussi plus complète que la Parole de Dieu consignée par écrit. Il est typique des Protestants de dire que tout est dans la Bible : c’est archi-faux ; tout n’est pas dans la Bible. L’Immaculée-Conception ne se trouve nulle part dans la Bible et pourtant il s’agit d’un dogme de foi ! Le dogme de l’Assomption ne se trouve nulle part dans la Bible et pourtant c’est aussi la Parole de Dieu ! Il est donc clair que la Parole de Dieu non-écrite est beaucoup plus vaste et beaucoup plus complète que la Parole de Dieu consignée par écrit. Et cela est évident car on ne peut raisonnablement soutenir que tout ce que Dieu a voulu dire aux hommes puisse être contenu dans les quelques livres qui forment la Parole de Dieu mise par écrit. En outre, les écrivains sacrés n’ont certainement pas voulu tout mettre par écrit mais seulement une partie de la Parole de Dieu.

 

Alors les protestants et beaucoup d’autres accusent notre sainte Mère l’Eglise de ne pas permettre la lecture de la Parole de Dieu contenue dans les saints livres. La citation de saint Jérôme montre déjà la fausseté d’une telle accusation : « L’ignorance des Ecritures, c’est l’ignorance du Christ » Comment connaître le Christ si on méconnaît les saintes Ecritures ? C’est pourquoi la sainte Eglise a toujours encouragé ses enfants à lire les Ecritures. Mais parce que l’Eglise est une mère, elle veille à ce que cette lecture ne soit pas un danger pour ses enfants.

Il peut sembler étonnant que la lecture de la Parole de Dieu puisse être un danger. Il suffit de penser à la difficulté qu’il y a à comprendre la Parole de Dieu, pour voir immédiatement que la lecture des Ecritures peut être dangereuse par une mauvaise interprétation de ce qui est lu. Quand le Christ dit que nul ne peut renvoyer sa femme hors le cas d’adultère, le Christ reconnaît-il l’adultère comme cas de divorce ? Quand sur la croix, le Christ dit « Mon Dieu, pourquoi M’avez-vous abandonné ? », s’agit-il d’un cas de désespoir ? Comment interpréter le seul livre prophétique du Nouveau Testament ? Sans un guide sûr, celui qui lit les Ecritures n’est jamais certain de comprendre ce qu’il lit.

Dans les Actes des Apôtres, le diacre Philippe demande à l’eunuque éthiopien s’il comprend le passage d’Isaïe qu’il est en train de lire. L’eunuque répond humblement : « Comment le pourrai-je si personne ne me guide ? » Cette humilité a manqué à Luther et elle manque encore à tous ceux qui croient qu’ils n’ont pas besoin de guide pour lire la Parole de Dieu. C’est pourquoi l’Eglise a toujours veillé à mettre à la disposition de ses enfants des bibles reconnues par elle et elle a toujours condamné l’utilisation de bibles répandues par milliers par les sociétés bibliques protestantes.

 

Lisons les saintes Ecritures comme nous y invitent l’Eglise et lisons-les avec l’esprit de l’Eglise. Dans toute maison vraiment catholique, il doit y avoir au moins une bible complète, une bible qui n’est pas couverte de poussière, signe certain qu’elle est régulièrement lue.

 

mercredi, 31 janvier 2007

« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »

« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »

4° dimanche après l’Epiphanie : 28.01.2007

 

Selon saint Paul, la charité fraternelle est une dette : « Ne soyez en dette envers personne si ce n’est de mutuelle charité » Je dois la charité à mon prochain et je suis en droit d’attendre de sa part la même charité envers moi. Si je m’acquitte de cette dette, je suis un homme parfait selon la parole de saint Paul : « Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »

Mais que signifie aimer le prochain ?

Il s’agit d’abord d’un amour surnaturel et pas seulement d’un amour naturel. Naturellement, je suis porté à aimer ceux qui m’aiment, à aimer mes frères et sœurs, mes parents, ceux qui me sont sympathiques. Si je suis wallon, je suis naturellement porté à aimer les Wallons ; et il en va de même si je suis flamand. Cet amour est bon mais ce n’est pas encore la charité car la charité est un amour surnaturel : le prochain est aimé pour des motifs surnaturels. Nous ne devons pas non plus confondre la solidarité avec la charité. Il est bon d’être solidaires des pauvres, des chômeurs, des affamés mais ce n’est pas encore un amour surnaturel, ce n’est pas encore la charité. Quand saint Paul nous parle de celui qui aime le prochain, il ne nous parle pas d’un amour naturel.

Aimer le prochain signifie vouloir au prochain les biens surnaturels : la foi bien sûr ; l’espérance et la charité. Il est bien de donner à manger à ceux qui n’ont pas la foi mais si je ne cherche pas à leur donner en plus la nourriture spirituelle de la foi, je ne pratique pas encore la charité. On pourra dire que j’ai pratiqué la philanthropie, que j’ai été solidaire des faibles mais on ne pourra jamais dire avec vérité que j’ai pratiqué la charité. Parce que la charité veut donner les biens surnaturels, la charité cherchera évidemment à donner aussi tous les autres biens. Mais la charité sait qu’il faut d’abord rechercher ce qui regarde le Royaume des Cieux avant de rechercher les biens de ce monde. La charité assume en elle-même tout amour naturel authentique ; impossible d’être charitable sans en même temps avoir le souci des pauvres et de tous les malheureux de la terre.

Il n’est pas possible de comprendre ce que signifie aimer le prochain sans nous demander qui est le prochain. Les juifs contemporains de Jésus pensaient que le prochain était seulement le juif comme eux de telle sorte que tous les non-juifs ne pouvaient être le prochain. Jésus a pris le temps de leur montrer leur erreur : le prochain est tout homme qui a besoin de mon aide. Il y a une autre erreur sur l’identité du prochain ; c’est l’erreur qui consiste à dire que le prochain est seulement celui qui ne m’a jamais fait de mal. Pour ceux-là, aimer le prochain signifie aimer seulement ceux qui ne m’ont jamais manqué de respect, ceux qui n’ont toujours fait du bien. Jésus a aussi pris le temps de leur montrer leur erreur : « Si vous ne saluez que ceux qui vous saluent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne faites du bien qu’à ceux qui vous font du bien, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne donnez qu’à ceux qui vous donnent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. » En d’autres termes, il s’agit d’un amour naturel et il n’est pas étonnant de trouver l’amour naturel même chez les païens mais nous ne trouverons jamais de charité chez eux ! La charité va vraiment plus loin que le simple amour naturel. L’amour naturel ne verra pas le prochain dans l’étranger, dans celui qui mal fait du mal ; seule la charité permet de dépasser le mal que le prochain m’a fait. La charité nous fait comprendre que même s’il m’a fait du mal, il reste toujours le prochain et il le sera toujours.

 

Il nous est facile d’avoir des illusions sur la charité soit sur charité que nous pensons avoir, soit sur la charité que nous attribuons aux autres. Saint Paul nous rappelle que la charité est un amour surnaturel, un amour qui veut donner en premier lieu des biens surnaturels, un amour qui reconnaît le prochain même derrière celui qui nous fait du mal.

jeudi, 18 janvier 2007

Guérisons d’un lépreux et du serviteur du centurion

Guérisons d’un lépreux et du serviteur du centurion.

3° dimanche après l’Epiphanie : 21.01.2007

 

La lèpre est une image classique du péché : les auteurs spirituels parlent souvent de la lèpre du péché. La paralysie qui frappe le serviteur du centurion est aussi une image du péché : le péché paralyse la vie spirituelle.

 

Le péché est réalité presque quotidienne dans nos vies. L’Ancien Testament affirmait déjà que le juste pèche sept fois chaque jour et dans le Nouveau Testament nous lisons que celui qui dit être sans péché est un menteur.

Le péché est une maladie chronique qui peut devenir grave et causer la mort spirituelle. L’évangile de ce dimanche nous montre Jésus comme le médecin des âmes : Il guérit la lèpre du corps et la paralysie corporelle pour nous laisser entendre qu’Il guérit tout aussi bien la lèpre spirituelle et la paralysie de l’âme.

Pour nous guérir spirituellement, Jésus a institué le sacrement de pénitence ; le confessionnal est le lieu de notre guérison spirituelle. La fréquence du péché dans nos vies nous donne une idée de la fréquence avec laquelle nous devons recourir à la médecine spirituelle que Jésus nous donne dans le confessionnal.

 

Notre sainte Mère l’Eglise a voulu que la confession soit obligatoire seulement une fois par an : c’est le strict minimum pour ne pas vivre dans la mort spirituelle. Mais il est évident que le péché n’est pas si rare dans notre vie que nous ne fassions qu’un seul péché par an.

C’est pourquoi notre sainte Mère l’Eglise a toujours conseillé de se confesser plus souvent qu’une seule fois par an. Certains se confessent alors seulement pour les grandes fêtes comme Pâques, Noël, Assomption, Toussaint soit environ une fois par trimestre. Mais il est évident que le péché n’est pas si rare dans notre vie que nous ne fassions qu’un péché par trimestre.

C’est pourquoi les auteurs spirituels ont toujours conseillé de se confesser plus souvent qu’une fois par trimestre. L’expérience du combat spirituel montre que le secours du sacrement de pénitence devient quasi insignifiant lorsque la dernière confession date de plus d’un mois. Au bout d’un mois, la force délétère du péché prend le dessus sur le secours apporté par la confession. Voilà pourquoi il est conseillé de se confesser au moins une fois par mois : c’est le minimum conseillé pour une vie chrétienne ordinaire.

 

Cependant nous devons reconnaître que ce minimum ne suffit pas pour certains. En effet, il y a d’abord ceux qui désirent avoir une vie chrétienne plus profonde, plus fervente. Pour ceux-là, les auteurs spirituels conseillent la confession tous les quinze jours. Nous ne sommes pas donc surpris de constater que cette coutume se retrouve très souvent dans les communautés religieuses et sacerdotales.

A côté de ceux qui désirent avoir une vie chrétienne plus fervente, il y a ceux qui doivent lutter contre un défaut bien ancré en eux : l’orgueil, l’avarice, l’impureté, la paresse. Dans ce genre de cas, la confession annuelle est largement insuffisante et les auteurs spirituels conseillent la confession tous les quinze jours et même chaque semaine. Si on se refuse à prendre de tels moyens, il ne faut pas s’étonner de languir depuis des années dans le même gros défaut.

Enfin, il y a ceux qui sont en formation et qui par conséquent ont besoin de plus de secours que ceux qui ont achevé leur formation. Cela concerne par exemple, les séminaristes, les novices, les enfants. La confession mensuelle est évidemment insuffisante alors les auteurs spirituels conseillent la confession tous les quinze jours et même très souvent la confession chaque semaine.

 

Il ne nous reste plus qu’à nous confesser selon nos besoins : une fois par mois, tous les quinze jours ou une fois par semaine.