mardi, 03 juin 2008
Sacré-Cœur 2008 (sermon)
Le Sacré-Cœur de Jésus est l'amour de Dieu pour les hommes. L'amour de Dieu a deux caractéristiques qui le distinguent de l'amour des hommes.L'amour de Dieu est un amour créateur. La raison de la création est l'amour de Dieu pour les hommes. Les premiers chapitres de la Bible montrent que Dieu aime ce qu'Il a fait. La création est une grandiose manifestation de l'amour de Dieu.
L'amour de l'homme n'est pas créateur. Ce que l'homme aime, il ne l'a pas créé tandis que Dieu aime et n'aime que ce qu'il a créé.
L'amour de Dieu est aussi et uniquement un amour de bienveillance ; un amour qui veut le bien de ce qui est aimé. Dieu aime ses créatures c'est-à-dire qu'Il leur veut du bien, tout le bien qui est proportionné à la nature de chaque être. Cet amour de Dieu est uniquement bienveillant car Dieu ne retire rien de l'amour qu'Il porte à ses créatures. Le fait que Dieu aime ses créatures ne lui ajoute rien car Il est lui-même à l'origine de toute la bonté qui se trouve dans ses créatures.
L'amour de l'homme n'est pas toujours un amour de bienveillance; il est parfois, si ce n'est souvent, un amour de concupiscence.
Souvent, l'homme recherche son propre bien quand il aime; son amour n'est pas toujours désintéressé. Cet amour de concupiscence peut devenir un égoïsme tandis que l'amour de Dieu n'est jamais et ne sera jamais un égoïsme.
Tel est l'amour du Sacré-Cœur : un amour créateur et un amour uniquement de bienveillance. Le Sacré-Cœur a tout créé par amour et il veut le bien de tous les hommes. Ce bien est d'abord naturel. Le Sacré-Cœur veut le bien naturel de tous les hommes à savoir le bien du corps, le bien de l'intelligence et le bien de la volonté. Pour le bien du corps, il a créé pour ce qui sert à la nutrition et à la guérison des hommes. Pour le bien de l'intelligence, il a créé toutes ces disciplines
scientifiques qui permettent de connaître cette nature qui vient de l'amour du Sacré-Cœur. Pour le bien de la volonté, il donne les lois de la bonne éducation.
Ce bien est enfin surnaturel par la communication de la grâce sanctifiante, des vertus théologales et des dons du Saint-Esprit. Le Sacré-Cœur veut surtout le bien surnaturel pour les hommes qu'Il a créé. Mais malheureusement, les hommes ne veulent pas de ce bien surnaturel. Ils ne veulent pas de la foi qu'ils qualifient de mythes; ils ne veulent pas de l'espérance car ils mettent tout leur espoir dans les progrès des sciences.
Les hommes ne veulent plus de la charité. Ils parlent sans cesse de l'amour, mais l'amour des hommes est souvent une caricature de la charité. L'amour des hommes est souvent un amour de concupiscence alors que la charité est un amour de bienveillance. Lorsque l'amour des hommes est un amour de bienveillance, cet amour est encore bien souvent très loin de la charité. Lorsque l'amour des hommes est un amour de bienveillance, cet amour s'arrête à un amour naturel. On veut le bien naturel comme donner à manger à celui qui à faim, mais le bien de la volonté est souvent ignoré et que dire du bien surnaturel ? Qui veut encore le bien surnaturel des hommes ?
Cette fête du Sacré-Cœur nous invite donc à considérer quel est l'amour qui bat dans nos cœurs. Est-ce un amour de concupiscence qui débouche trop souvent dans l'égoïsme ? Est-ce un amour de bienveillance qui se limiterait seulement à nourrir les affamés ? Est-ce un véritable amour de charité qui cherche le bien surnaturel de tous les hommes ?
Seul cet amour est semblable à l'amour du Sacré-Cœur pour tous les hommes. Il est venu pour allumer ce feu sur la terre et il ne désire qu'une chose que ce feu embrase tout l'univers !
Ainsi soit-il !
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lundi, 28 avril 2008
Sermon
Cinquième dimanche après Pâques, le 27.04.2008« Je suis sorti du Père et … je retourne au Père ».
À quelques jours du retour de Notre Seigneur à son Père, la liturgie de ce dimanche nous donne ses paroles qui doivent être les nôtres.
Comme Notre Seigneur, nous sommes sortis du Père et nous devons retourner au Père. Nous sommes sortis du Père par la création et nous devons retourner au Père car le Père a tout créé pour Lui.
Toutes les créatures sont sorties du Père et toutes doivent retourner au Père. Les créatures sans intelligence retournent nécessairement au Père qui les a créées mais les créatures intelligentes peuvent malheureusement refuser ce retour au Père : c'est le mystère de l'Enfer éternel. Nous catholiques, nous voulons retourner au Père et la question qui se pose alors est la suivante : comment pouvons-nous retourner au Père ?
Le retour au Père est impossible sans la pratique des vertus et de ces vertus qui nous mettent en contact direct avec le Père : les vertus théologales. Ces trois vertus sont nécessaires pour retourner au Père.
La foi est la lumière qui éclaire la route du retour vers le Père mais nous savons bien que la foi seule est insuffisante. Celui qui marche vers un but déterminé a le ferme espoir d'y parvenir. La foi qui nous guide dans notre retour vers le Père doit être accompagnée par la ferme espérance de parvenir jusqu'au Père. Cependant, foi et espérance sont encore insuffisantes pour réaliser notre retour au Père.
Pour rendre ce retour possible, la foi et l'espérance doivent être perfectionnées par la charité qui est un amour de bienveillance envers Dieu et le prochain vu en Dieu. Par la charité, Dieu et le prochain sont aimés pour eux-mêmes et non pour le bien qu'ils pourraient procurer à ceux qui les aiment comme dans l'amour de concupiscence.
Cette charité est un amour surnaturel et qui veut donc le bien surnaturel du prochain et pas seulement ni d'abord son bien naturel.
La charité veut principalement le bien surnaturel du prochain et quel est-il si ce n'est que le prochain puisse retourner au Père par la pratique des trois vertus théologales. La charité ne veut pas d'abord que le prochain puisse manger à sa faim, se vêtir et se loger décemment car tous ces biens sont purement naturels et à eux seuls ne permettent pas au prochain de retourner au Père. Il est donc bon de vouloir le bien-être matériel du prochain mais seulement en dépendance de son bien-être surnaturel à savoir la pratique des vertus théologales. Ainsi il n'est plus possible de confondre humanitarisme et philanthropie qui sont de bonnes choses mais purement naturelles avec la charité qui est un amour bien supérieur car surnaturel.
Nourrir les pauvres est une bonne chose, mais cela n'est pas suffisant pour retourner au Père car cette action est naturelle tandis que le retour au Père est surnaturel. Il ne suffit pas de passer toute sa vie à nourrir les pauvres pour retourner au Père car une action naturelle et bonne, voire très bonne lorsqu'elle est prolongée pendant toute une vie, reste radicalement incapable d'un résultat surnaturel comme le retour au Père. Il faut donc nourrir les pauvres (œuvre purement naturelle) et pratiquer l'amour surnaturel de bienveillance qui est la charité ! L'un ne va pas sans l'autre.
Jésus en montant au Ciel nous a obtenu la grâce de Le suivre par la pratique de la foi, de l'espérance et de la charité afin de réaliser nous aussi notre retour vers le Père, ainsi soit-il !
17:57 Publié dans Religion, sermons, Social | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vertus théologales, foi, espérance, charité
vendredi, 23 février 2007
L’hymne à la charité
Dimanche de la Quinquagésime : 18.02.2007
Si nous observons ce qui se passe dans le monde, nous sommes obligés de constater que les hommes parlent beaucoup de solidarité avec les pauvres, avec les plus démunis. Le tsunami de 2004 a été un grand exemple de solidarité à l’échelle planétaire : des dons ont été recueillis, des collectes ont été réalisées partout dans le monde pour venir en aide aux sinistrés du tsunami et encore plus récent, plusieurs pays ont décidé de donner quelque chose pour la reconstruction du Liban après la guerre entre Israël et le Hezbollah. Régulièrement, les hommes les plus riches du monde donnent des millions de dollars pour des œuvres humanitaires : lutte contre le cancer, lutte contre la pauvreté. Nous voyons aussi les personnes célèbres du cinéma, du sport, de la culture devenir des ambassadeurs de bonne volonté des institutions de l’ONU.
Et la grande question que nous pouvons nous poser devant tous ces éléments est la suivante : toute cette solidarité, toute cette générosité en millions de dollars, tout cet effort humanitaire vient-il ou non de la charité ?
La solidarité est une bonne chose mais la solidarité est purement naturelle ; la charité est surnaturelle. Même si je n’ai pas la charité, je peux être solidaire des malheureuses victimes du tsunami. En soi, il n’est pas mauvais de donner des millions de dollars mais même si je n’ai pas la charité, je peux donner des millions de dollars. Faire de l’humanitaire est aussi une bonne chose mais cela est encore naturel ; même sans la charité, je peux faire de l’humanitaire.
La charité ne consiste pas d’abord à être solidaires des malheureux, ni à donner de l’argent en abondance, ni à ne se lancer dans l’humanitaire. Toutes ces choses sont naturelles tandis que la charité est surnaturelle. Saint Paul nous prévient très clairement : « Quand je distribuerai tous mes biens pour nourrir les pauvres, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien » Il est donc tout à fait possible d’être solidaire, de donner largement de son argent sans avoir la charité.
La charité consiste en premier lieu non dans l’amour du prochain, non dans l’amour du pauvre mais dans l’amour de Dieu. Toute cette solidarité, toute cette largesse, tout l’humanitaire s’adressent uniquement et exclusivement à l’homme et rien qu’à l’homme. La charité consiste en premier lieu dans l’amour de Dieu et cet amour de Dieu est résumé dans les trois premiers commandements, les commandements de la première table de la Loi : l’adoration due à Dieu, le respect du à Dieu et la sanctification le jour du Seigneur.
Dans le monde d’aujourd’hui, où est l’adoration et le respect qui sont dus à Dieu ? Ceux qui se donnent totalement à la solidarité sont-ils des adorateurs de Dieu ? Les célébrités du cinéma, de la culture, du sport sont-ils les premiers à respecter le nom de Dieu ? Dans le monde d’aujourd’hui, où est la sanctification du jour du Seigneur ? A Bruxelles, où 65% de la population se dit catholique, moins de 5% seulement sanctifie le jour du Seigneur. La charité consiste en premier dans l’observation de ces trois commandements. Les péchés commis contre ces commandements sont en soi bien plus graves que tous les autres péchés ; bien plus graves que l’avortement ; bien plus graves que les péchés de la chair car tous ces péchés ne sont pas d’abord directement contre Dieu mais d’abord directement contre le prochain tandis que le non-respect du jour du Seigneur est un péché qui va directement contre Dieu.
Saint Paul nous aide à ne pas nous laisser tromper par les choses de ce monde, par ce qui se passe dans ce monde qui n’a pas en lui l’amour de Dieu. Celui qui aime Dieu, sera nécessairement solidaire du pauvre, il donnera largement de ses biens. Celui qui n’aime pas, et c’est le cas de l’homme moderne, pourra aussi être solidaire et donner largement de ses biens mais comme il lui manque la charité, cela ne sert de rien.
20:40 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dieu, seigneur, humanitarisme, charité, péché, catholiques, belgique
mercredi, 31 janvier 2007
« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »
« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »
4° dimanche après l’Epiphanie : 28.01.2007
Selon saint Paul, la charité fraternelle est une dette : « Ne soyez en dette envers personne si ce n’est de mutuelle charité » Je dois la charité à mon prochain et je suis en droit d’attendre de sa part la même charité envers moi. Si je m’acquitte de cette dette, je suis un homme parfait selon la parole de saint Paul : « Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »
Mais que signifie aimer le prochain ?
Il s’agit d’abord d’un amour surnaturel et pas seulement d’un amour naturel. Naturellement, je suis porté à aimer ceux qui m’aiment, à aimer mes frères et sœurs, mes parents, ceux qui me sont sympathiques. Si je suis wallon, je suis naturellement porté à aimer les Wallons ; et il en va de même si je suis flamand. Cet amour est bon mais ce n’est pas encore la charité car la charité est un amour surnaturel : le prochain est aimé pour des motifs surnaturels. Nous ne devons pas non plus confondre la solidarité avec la charité. Il est bon d’être solidaires des pauvres, des chômeurs, des affamés mais ce n’est pas encore un amour surnaturel, ce n’est pas encore la charité. Quand saint Paul nous parle de celui qui aime le prochain, il ne nous parle pas d’un amour naturel.
Aimer le prochain signifie vouloir au prochain les biens surnaturels : la foi bien sûr ; l’espérance et la charité. Il est bien de donner à manger à ceux qui n’ont pas la foi mais si je ne cherche pas à leur donner en plus la nourriture spirituelle de la foi, je ne pratique pas encore la charité. On pourra dire que j’ai pratiqué la philanthropie, que j’ai été solidaire des faibles mais on ne pourra jamais dire avec vérité que j’ai pratiqué la charité. Parce que la charité veut donner les biens surnaturels, la charité cherchera évidemment à donner aussi tous les autres biens. Mais la charité sait qu’il faut d’abord rechercher ce qui regarde le Royaume des Cieux avant de rechercher les biens de ce monde. La charité assume en elle-même tout amour naturel authentique ; impossible d’être charitable sans en même temps avoir le souci des pauvres et de tous les malheureux de la terre.
Il n’est pas possible de comprendre ce que signifie aimer le prochain sans nous demander qui est le prochain. Les juifs contemporains de Jésus pensaient que le prochain était seulement le juif comme eux de telle sorte que tous les non-juifs ne pouvaient être le prochain. Jésus a pris le temps de leur montrer leur erreur : le prochain est tout homme qui a besoin de mon aide. Il y a une autre erreur sur l’identité du prochain ; c’est l’erreur qui consiste à dire que le prochain est seulement celui qui ne m’a jamais fait de mal. Pour ceux-là, aimer le prochain signifie aimer seulement ceux qui ne m’ont jamais manqué de respect, ceux qui n’ont toujours fait du bien. Jésus a aussi pris le temps de leur montrer leur erreur : « Si vous ne saluez que ceux qui vous saluent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne faites du bien qu’à ceux qui vous font du bien, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne donnez qu’à ceux qui vous donnent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. » En d’autres termes, il s’agit d’un amour naturel et il n’est pas étonnant de trouver l’amour naturel même chez les païens mais nous ne trouverons jamais de charité chez eux ! La charité va vraiment plus loin que le simple amour naturel. L’amour naturel ne verra pas le prochain dans l’étranger, dans celui qui mal fait du mal ; seule la charité permet de dépasser le mal que le prochain m’a fait. La charité nous fait comprendre que même s’il m’a fait du mal, il reste toujours le prochain et il le sera toujours.
Il nous est facile d’avoir des illusions sur la charité soit sur charité que nous pensons avoir, soit sur la charité que nous attribuons aux autres. Saint Paul nous rappelle que la charité est un amour surnaturel, un amour qui veut donner en premier lieu des biens surnaturels, un amour qui reconnaît le prochain même derrière celui qui nous fait du mal.
09:15 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catholique, évangile, charité, jésus, chrétienté










