mardi, 26 décembre 2006
sermon de Noël
Noël 2006
Nous n’avons pas oublié la formule de saint Anselme : « La foi cherche à comprendre ce qu’elle croit » Cette formule a pour fondement une phrase du prophète Isaïe, un des quatre grands prophètes de l’Ancien Testament. En effet, chez le prophète Isaïe nous lisons ce qui suit : « Si vous ne croyez pas, vous ne pouvez comprendre » Il faut d’abord croire pour ensuite essayer de comprendre ce qui est cru.
Ceux qui ont eu le bonheur d’enseigner le catéchisme peuvent le confirmer. Ceux qui ont la foi, ceux qui sont déjà baptisés, comprennent beaucoup plus facilement les mystères de la foi que ceux qui ne sont pas baptisés, beaucoup plus facilement que ceux qui n’ont pas la foi.
Cet effort de compréhension des mystères de la foi n’a pas commencé avec saint Anselme. Il a eu de glorieux prédécesseurs et en particulier saint Augustin, un des quatre grands docteurs de l’Eglise latine. Et le génie de saint Augustin s’est aussi manifesté dans l’explication et l’exposition du mystère de l’Incarnation.
Mettons-nous à l’école de saint Augustin pour essayer de pénétrer dans le grand mystère de ce jour : Dieu qui se fait homme. A première vue, il semble tout à fait impossible que Dieu puisse revêtir une nature humaine. Et saint Augustin a justement beaucoup insisté sur la réalité de la nature humaine prise par le Fils de Dieu.
Il s’est malheureusement trouvé plusieurs hérétiques pour nier la réalité de la nature humaine du Christ. Ils disaient que le corps du Christ était un corps apparent, un corps qui n’était pas réel. En fait, lorsque le Christ mangeait, en réalité, c’était une apparence ; un peu comme l’archange Raphaël faisait semblant de manger lors de son voyage avec Tobie. Et il en va de même des souffrances du Christ pendant sa Passion. Mais si les souffrances du Christ sont apparentes ; alors la restauration de l’humanité déchue par le péché n’est pas réelle mais seulement apparente. Alors la joie de Noël est une joie apparente et non une joie véritable. Nous comprenons alors toute l’insistance de saint Augustin sur la réalité de la nature humaine du Fils de Dieu. D’autres hérétiques détruisaient la nature humaine du Christ en disant que dans le Christ, il n’y avait ni âme humaine ni intelligence humaine. Saint Augustin leur répondait de la manière suivante : « Comment être un vrai homme si on n’a ni l’âme humaine, ni l’intelligence humaine ? »
Saint Augustin montre aussi la réalité de la nature humaine du Christ par le fait que le Christ a pris les infirmités de notre nature. Il suffit de lire les Evangiles pour s’en rendre compte. Au chapitre quatre de saint Jean, nous lisons que le Christ s’assoit sur le puits de Jacob parce qu’Il est fatigué par la marche qu’Il vient de faire. Toujours dans l’Evangile de saint Jean, mais cette fois au chapitre onze, nous lisons que le Christ a pleuré devant le tombeau de son ami Lazare. Nous savons aussi qu’Il a eu faim après son jeûne de quarante jours au désert. Il a donc pris toutes nos faiblesses exceptées celles qui sont incompatibles avec sa divinité. Il n’a pas pris la faiblesse du péché et nous lisons dans les Evangiles qu’Il demande aux juifs : « Qui de vous me convaincra de péché ? » Cette impeccabilité du Christ s’explique aussi par le fait que contrairement à nous, le Christ a toujours eu le parfait contrôle de tous les mouvements de sa sensibilité. Il n’a pas pris la faiblesse de l’ignorance car comme nous le disent les Apôtres, Il sait toutes choses et Il n’a pas besoin de recevoir d’enseignement de qui que se soit. Enfin, le Christ n’a pas pris la faiblesse de la maladie, la faiblesse du grand âge.
Profitons de ces jours qui suivent Noël pour méditer sur cet enseignement de saint Augustin ! Contemplons la réalité de la nature humaine de Jésus ! Regardons les ressemblances : Il a eu faim ; Il a eu soif ! Et n’oublions pas les différences : Il est sans péché et nous sommes pécheurs ; Il sait tout et nous ne savons pas grand-chose !
07:36 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sermon, catéchisme, prophète, docteurs de l'eglise










