mardi, 20 mai 2008
Très Sainte Trinité 2008
Nous célébrons ce dimanche le mystère central de notre sainte religion car c'est le mystère de ce que Dieu est en lui-même. Ce mystère nous enseigne qu'en Dieu, il y a trois personnes.
Le mot mystère n'est pas synonyme d'absurdité : la Trinité n'est pas une absurdité. Il n'est pas étonnant que ce que Dieu est en lui-même puisse échapper à l'intelligence humaine. Il faut être Dieu pour comprendre parfaitement ce que Dieu est en Lui-même.
Notre expérience quotidienne nous donne la connaissance de ce qu'est une personne. Ce mot de personne, nous ne l'attribuons pas à des animaux ou à des végétaux mais seulement à des êtres doués d'intelligence et de volonté. Pierre est une personne, mais le chien Castor n'est pas une personne. L'expérience quotidienne nous montre aussi qu'une personne a une unité qui la rend distincte de toute autre personne : Pierre est distinct de Jacques et on ne peut les confondre.
Pierre et Jacques sont des personnes humaines.
Le mystère de la très sainte Trinité nous enseigne qu'en Dieu, il y a trois personnes divines. Des personnes distinctes les unes des autres.
Ces personnes sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il est donc impossible de confondre le Père avec le Fils, ou le Fils avec le Saint-Esprit.
L'expérience quotidienne enseigne que la pluralité des personnes humaines ne contredit pas l'unité de la nature humaine. Il y a plusieurs personnes humaines, mais il y a une seule nature humaine. Pierre et Jacques sont deus personnes humaines, mais Pierre et Jacques n'ont qu'une seule et même nature humaine. L'unité est du côté de la nature ; la pluralité est du côté des personnes.
Dans la Trinité, il y a pluralité et unité ; pluralité du côté des personnes et unité du côté de la nature. Il y a trois personnes divines distinctes les unes des autres, mais ces trois personnes n'ont qu'une seule et même nature divine.
Le mystère de la très sainte Trinité n'affirme pas la pluralité de la nature divine, ce serait une absurdité. Le mystère de la très sainte Trinité affirme la pluralité des personnes divines dans l'unité de la nature divine commune aux trois personnes divines.
Saint Paul écrit : « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu.» Ce qui signifie que sans la foi au mystère de la très sainte Trinité, il est impossible de plaire à Dieu. Celui qui refuse que le Fils est une personne divine ne peut plaire à Dieu.
La très sainte Trinité est un mystère, par conséquent elle n'est pas l'aboutissement d'un raisonnement plus ou moins subtil et compliqué.
La très sainte Trinité est un mystère qui est cru par la soumission de l'intelligence à la Parole de Dieu. En effet, seul Dieu peut dire à l'homme ce qu'il est en lui-même. Aucun homme, quelque soit son intelligence, n'aurait pu le deviner.
Mon Dieu, je crois en votre Parole, je crois que vous êtes un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il !
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lundi, 19 mai 2008
Fidélité à l'enseignement du Saint-Esprit
Dans l'évangile de ce dimanche de la Pentecôte, Notre Seigneur nous dit que le Saint-Esprit nous enseignera toutes choses. Dans l'Eglise du Dieu, il n'y a qu'une personne qui enseigne et c'est le Saint-Esprit. Aucun enseignement n'est valable, aucun enseignement n'est obligatoire s'il n'est conforme à l'enseignement du Saint-Esprit. Aucun homme d'Eglise, quel que soit son grade dans l'Eglise, ne peut enseigner autre chose que ce que le Saint-Esprit a enseigné. Mais cela est également vrai pour les simples fidèles qui ne peuvent enseigner à leurs enfants un enseignement qui ne serait pas conforme à l'enseignement du Saint-Esprit.Et nul dans l'Eglise du Christ ne peut recevoir un enseignement différent de celui qui est donné par le Saint-Esprit. Dans l'épître aux Galates, saint Paul leur reproche justement d'avoir abandonné l'enseignement du Saint-Esprit pour recevoir un évangile différent de l'Evangile que saint Paul leur avait prêché. Pour saint Paul, un tel abandon est insensé : oui, il est vraiment insensé de recevoir un enseignement qui n'est pas celui du Saint-Esprit.
Tout homme d'Eglise doit donc enseigner non ce qui lui plaît, ni ce qui serait le fruit de ses recherches personnelles, mais il doit enseigner ce que le Saint-Esprit a enseigné. Toujours dans l'épître aux Galates, saint Paul insiste sur cette nécessité de l'accord entre l'enseignement de l'homme d'Eglise et l'enseignement du Saint-Esprit. Il affirme même que si par malheur, il se mettait à prêcher un autre évangile que celui du Saint-Esprit, qu'il soit anathème c'est-à-dire condamné. Tout homme d'Eglise qui prêcherait un évangile différent serait donc anathème et sa prédication serait nulle et sans autorité.
Pourquoi une telle conformité avec l'enseignement du Saint-Esprit est-elle nécessaire ? Tout simplement parce que le Saint-Esprit est l'Esprit de vérité. La vérité ne se contredit pas ; ce que le Saint-Esprit a enseigné, le Saint-Esprit ne peut pas un jour plus tard le contredire. Ce que le Saint-Esprit a enseigné il y a mille ans, le même Saint-Esprit ne peut mille plus tard enseigner exactement le contraire.
Donnons deux exemples : la résurrection du Christ et la séparation entre l'Eglise et l'Etat. Le Saint-Esprit a enseigné que le Christ est essuscité. Le même Saint-Esprit ne peut deux mille ans plus tard enseigner que le Christ n'est pas ressuscité ou que cette résurrection est purement symbolique et non réelle. Aucun homme d'Eglise ne peut enseigner que le Christ n'est pas réellement ressuscité. Le Saint-Esprit a condamné la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; le même Saint-Esprit ne peut pas enseigner plus tard que cette séparation est une bonne chose. Deux choses l'une : ou c'est le Saint-Esprit qui a condamné la séparation entre l'Eglise et l'Etat et alors ce n'est pas le Saint-Esprit qui enseigne que cette séparation est une bonne chose ; ou c'est le Saint-Esprit qui enseigne que la séparation entre
l'Eglise et l'Etat est une bonne chose et alors ce n'est pas le Saint-Esprit qui a condamné la séparation entre l'Eglise et l'Etat.
Saint Paul a prédit qu'il viendrait un temps où les hommes ne supporteront plus l'enseignement du Saint-Esprit et se tourneront vers les fables. Peut-être que nous vivons ce temps-là. Saint Paul donne le remède : rester fidèle à l'enseignement du Saint-Esprit et ne pas changer. Si nous vivons ce temps où même les hommes d'Eglise n'enseignent plus ce que le Saint-Esprit a enseigné par exemple concernant la résurrection du Christ et la séparation entre l'Eglise et l'Etat, nous devons rester fidèles à l'enseignement du Saint-Esprit.
Que le Saint-Esprit nous garde tous dans la fidélité à son enseignement ! Ainsi soit-il !
09:57 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : évangile, saint-esprit, jésus, catholique, chrétienté, pentecôte
lundi, 05 mai 2008
Sermon - Le Saint-Esprit
Dimanche après l'Ascension, le 04.05.2008L'évangile nous parle du Saint-Esprit que Jésus promet d'envoyer à ses Apôtres.
Qui est le Saint-Esprit ? Quel est son rôle ?
Le Saint-Esprit est l'Amour qui unit le Père et le Fils et cet Amour constitue une personne divine : la personne du Saint-Esprit. Le rôle du Saint-Esprit est de sanctifier, de rendre saints. Par sa vie, Jésus nous a obtenu d'être sanctifiés et cette sanctification est accomplie par le Saint-Esprit. C'est en ce sens que le Saint-Esprit vient achever la mission de Jésus ; Il vient nous communiquer la sainteté que Jésus nous a méritée.
Le Saint-Esprit est sanctificateur parce qu'Il nous communique cet Amour qui unit le Père et le Fils. Il n'y a pas de sainteté en dehors de cette participation à l'Amour qui unit le Père et le Fils. C'est pourquoi c'est le Saint-Esprit qui nous communique la charité par laquelle nous aimons Dieu et le prochain en Dieu. En nous communiquant la charité, le Saint-Esprit communique également les sept dons qui reposent sur l'amour de Dieu et du prochain.
Il y a une hiérarchie entre les dons du Saint-Esprit : le plus parfait est le don de sagesse et le moins parfait est le don de crainte de Dieu.
Il y a deux types de crainte de Dieu : il y a la crainte servile qui fait craindre Dieu parce qu'Il a le pouvoir de punir en particulier par l'Enfer éternel ; et il y a la crainte filiale qui fait craindre Dieu comme un fils craint de déplaire à son père. La crainte filiale découle de l'amour : celui qui aime ne veut pas faire ce qui déplaît à la personne aimée.
Le don de crainte de Dieu découle de la charité et non de la peur de l'Enfer et des peines que Dieu réserve aux pécheurs. Par ce don, le Saint-Esprit nous fait agir comme un fils vis-à-vis de son père. Nous sommes les enfants de Dieu et par le don de crainte de Dieu, le Saint-Esprit nous pousse à ne pas faire ce qui déplaît à Dieu. Comment peut-on prétendre aimer Dieu et en même temps ne pas se gêner en faisant ce qui Lui déplaît ?
Le don de crainte de Dieu nous pousse à observer les commandements de Dieu car il plaît à Dieu que ses enfants observent ses commandements.
Comment donc prétendre aimer Dieu et ne pas aller à la messe du dimanche comme Dieu nous le demande dans son troisième commandement ?
Comment prétendre aimer Dieu et vivre en dehors des lois du mariage (comme les divorcés-remariés) alors que cela est opposé au sixième commandement de Dieu ? Ainsi se trouve démasquée l'erreur de ceux qui parlent de l'amour de Dieu tout en ne respectant pas les commandements de Dieu.
Jésus qui, était rempli du Saint-Esprit, était bien évidemment rempli des sept dons et en particulier du don de crainte de Dieu. Il ne craignait pas les peines de l'Enfer, ni les autres qui sont pour les pécheurs ; mais il ne voulait pas faire ce qui déplaisait à son Père.
Il disait : « Ce qui plaît à mon Père, je le fais toujours. »
Que le Saint-Esprit nous remplisse de son don de crainte de Dieu afin que notre volonté soit de faire toujours ce qui plaît à notre Père, ainsi soit-il !
17:47 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jésus, saint-esprit, enfer, évangile, apôtres
jeudi, 22 mars 2007
le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé
Voici un extrait de l’exhortation apostolique de Benoît XVI Sacramentum caritatis rendue publique le mardi 13 mars:
«En effet, le culte agréable à Dieu n'est jamais un acte purement privé, sans conséquence sur nos relations sociales:
il requiert un témoignage public de notre foi. Évidemment, cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une
exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant
les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille
fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes.
Ces valeurs ne sont pas négociables.
Par conséquent les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent
se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par
les valeurs fondées sur la nature humaine.) Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29).
Les évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur
responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié» (n. 83).
20:10 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jésus, catholique, évangile, chrétien
mardi, 13 février 2007
Parabole du semeur
Dimanche de la Sexagésime : 11.02.2007
« L’ignorance des Ecritures, c’est l’ignorance du Christ » Cette phrase de saint Jérôme nous rappelle l’importance capitale de la Parole de Dieu qui est le Christ. Contrairement aux protestants et aux modernistes, la sainte Eglise enseigne que la Parole de Dieu est double : la Parole de Dieu non-écrite et la Parole de Dieu consignée par écrit.
La Parole de Dieu non-écrite est communément appelée Tradition et cette Parole de Dieu non-écrite est plus ancienne et plus complète que la Parole de Dieu consignée par écrit. Moïse est le premier à avoir écrit la Parole de Dieu et pourtant Dieu n’a pas attendu Moïse pour semer sa Parole, pour Parler aux hommes. Dieu a d’abord parlé et ce n’est que plus tard que les hommes ont mis par écrit une partie de sa Parole. Il en va de même du Christ : Il a commencé par parler ; Lui-même n’a rien écrit mais après Lui, ses disciples ont mis par écrit une partie de ses paroles. Le premier évangile n’a été écrit qu’une vingtaine d’années après la mort du Christ.
La Parole de Dieu non-écrite est aussi plus complète que la Parole de Dieu consignée par écrit. Il est typique des Protestants de dire que tout est dans la Bible : c’est archi-faux ; tout n’est pas dans la Bible. L’Immaculée-Conception ne se trouve nulle part dans la Bible et pourtant il s’agit d’un dogme de foi ! Le dogme de l’Assomption ne se trouve nulle part dans la Bible et pourtant c’est aussi la Parole de Dieu ! Il est donc clair que la Parole de Dieu non-écrite est beaucoup plus vaste et beaucoup plus complète que la Parole de Dieu consignée par écrit. Et cela est évident car on ne peut raisonnablement soutenir que tout ce que Dieu a voulu dire aux hommes puisse être contenu dans les quelques livres qui forment la Parole de Dieu mise par écrit. En outre, les écrivains sacrés n’ont certainement pas voulu tout mettre par écrit mais seulement une partie de la Parole de Dieu.
Alors les protestants et beaucoup d’autres accusent notre sainte Mère l’Eglise de ne pas permettre la lecture de la Parole de Dieu contenue dans les saints livres. La citation de saint Jérôme montre déjà la fausseté d’une telle accusation : « L’ignorance des Ecritures, c’est l’ignorance du Christ » Comment connaître le Christ si on méconnaît les saintes Ecritures ? C’est pourquoi la sainte Eglise a toujours encouragé ses enfants à lire les Ecritures. Mais parce que l’Eglise est une mère, elle veille à ce que cette lecture ne soit pas un danger pour ses enfants.
Il peut sembler étonnant que la lecture de la Parole de Dieu puisse être un danger. Il suffit de penser à la difficulté qu’il y a à comprendre la Parole de Dieu, pour voir immédiatement que la lecture des Ecritures peut être dangereuse par une mauvaise interprétation de ce qui est lu. Quand le Christ dit que nul ne peut renvoyer sa femme hors le cas d’adultère, le Christ reconnaît-il l’adultère comme cas de divorce ? Quand sur la croix, le Christ dit « Mon Dieu, pourquoi M’avez-vous abandonné ? », s’agit-il d’un cas de désespoir ? Comment interpréter le seul livre prophétique du Nouveau Testament ? Sans un guide sûr, celui qui lit les Ecritures n’est jamais certain de comprendre ce qu’il lit.
Dans les Actes des Apôtres, le diacre Philippe demande à l’eunuque éthiopien s’il comprend le passage d’Isaïe qu’il est en train de lire. L’eunuque répond humblement : « Comment le pourrai-je si personne ne me guide ? » Cette humilité a manqué à Luther et elle manque encore à tous ceux qui croient qu’ils n’ont pas besoin de guide pour lire la Parole de Dieu. C’est pourquoi l’Eglise a toujours veillé à mettre à la disposition de ses enfants des bibles reconnues par elle et elle a toujours condamné l’utilisation de bibles répandues par milliers par les sociétés bibliques protestantes.
Lisons les saintes Ecritures comme nous y invitent l’Eglise et lisons-les avec l’esprit de l’Eglise. Dans toute maison vraiment catholique, il doit y avoir au moins une bible complète, une bible qui n’est pas couverte de poussière, signe certain qu’elle est régulièrement lue.
19:00 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lire la bible, bible, évangile, catholique, chrétien, jésus
mercredi, 31 janvier 2007
« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »
« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »
4° dimanche après l’Epiphanie : 28.01.2007
Selon saint Paul, la charité fraternelle est une dette : « Ne soyez en dette envers personne si ce n’est de mutuelle charité » Je dois la charité à mon prochain et je suis en droit d’attendre de sa part la même charité envers moi. Si je m’acquitte de cette dette, je suis un homme parfait selon la parole de saint Paul : « Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »
Mais que signifie aimer le prochain ?
Il s’agit d’abord d’un amour surnaturel et pas seulement d’un amour naturel. Naturellement, je suis porté à aimer ceux qui m’aiment, à aimer mes frères et sœurs, mes parents, ceux qui me sont sympathiques. Si je suis wallon, je suis naturellement porté à aimer les Wallons ; et il en va de même si je suis flamand. Cet amour est bon mais ce n’est pas encore la charité car la charité est un amour surnaturel : le prochain est aimé pour des motifs surnaturels. Nous ne devons pas non plus confondre la solidarité avec la charité. Il est bon d’être solidaires des pauvres, des chômeurs, des affamés mais ce n’est pas encore un amour surnaturel, ce n’est pas encore la charité. Quand saint Paul nous parle de celui qui aime le prochain, il ne nous parle pas d’un amour naturel.
Aimer le prochain signifie vouloir au prochain les biens surnaturels : la foi bien sûr ; l’espérance et la charité. Il est bien de donner à manger à ceux qui n’ont pas la foi mais si je ne cherche pas à leur donner en plus la nourriture spirituelle de la foi, je ne pratique pas encore la charité. On pourra dire que j’ai pratiqué la philanthropie, que j’ai été solidaire des faibles mais on ne pourra jamais dire avec vérité que j’ai pratiqué la charité. Parce que la charité veut donner les biens surnaturels, la charité cherchera évidemment à donner aussi tous les autres biens. Mais la charité sait qu’il faut d’abord rechercher ce qui regarde le Royaume des Cieux avant de rechercher les biens de ce monde. La charité assume en elle-même tout amour naturel authentique ; impossible d’être charitable sans en même temps avoir le souci des pauvres et de tous les malheureux de la terre.
Il n’est pas possible de comprendre ce que signifie aimer le prochain sans nous demander qui est le prochain. Les juifs contemporains de Jésus pensaient que le prochain était seulement le juif comme eux de telle sorte que tous les non-juifs ne pouvaient être le prochain. Jésus a pris le temps de leur montrer leur erreur : le prochain est tout homme qui a besoin de mon aide. Il y a une autre erreur sur l’identité du prochain ; c’est l’erreur qui consiste à dire que le prochain est seulement celui qui ne m’a jamais fait de mal. Pour ceux-là, aimer le prochain signifie aimer seulement ceux qui ne m’ont jamais manqué de respect, ceux qui n’ont toujours fait du bien. Jésus a aussi pris le temps de leur montrer leur erreur : « Si vous ne saluez que ceux qui vous saluent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne faites du bien qu’à ceux qui vous font du bien, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne donnez qu’à ceux qui vous donnent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. » En d’autres termes, il s’agit d’un amour naturel et il n’est pas étonnant de trouver l’amour naturel même chez les païens mais nous ne trouverons jamais de charité chez eux ! La charité va vraiment plus loin que le simple amour naturel. L’amour naturel ne verra pas le prochain dans l’étranger, dans celui qui mal fait du mal ; seule la charité permet de dépasser le mal que le prochain m’a fait. La charité nous fait comprendre que même s’il m’a fait du mal, il reste toujours le prochain et il le sera toujours.
Il nous est facile d’avoir des illusions sur la charité soit sur charité que nous pensons avoir, soit sur la charité que nous attribuons aux autres. Saint Paul nous rappelle que la charité est un amour surnaturel, un amour qui veut donner en premier lieu des biens surnaturels, un amour qui reconnaît le prochain même derrière celui qui nous fait du mal.
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jeudi, 18 janvier 2007
Guérisons d’un lépreux et du serviteur du centurion
Guérisons d’un lépreux et du serviteur du centurion.
3° dimanche après l’Epiphanie : 21.01.2007
La lèpre est une image classique du péché : les auteurs spirituels parlent souvent de la lèpre du péché. La paralysie qui frappe le serviteur du centurion est aussi une image du péché : le péché paralyse la vie spirituelle.
Le péché est réalité presque quotidienne dans nos vies. L’Ancien Testament affirmait déjà que le juste pèche sept fois chaque jour et dans le Nouveau Testament nous lisons que celui qui dit être sans péché est un menteur.
Le péché est une maladie chronique qui peut devenir grave et causer la mort spirituelle. L’évangile de ce dimanche nous montre Jésus comme le médecin des âmes : Il guérit la lèpre du corps et la paralysie corporelle pour nous laisser entendre qu’Il guérit tout aussi bien la lèpre spirituelle et la paralysie de l’âme.
Pour nous guérir spirituellement, Jésus a institué le sacrement de pénitence ; le confessionnal est le lieu de notre guérison spirituelle. La fréquence du péché dans nos vies nous donne une idée de la fréquence avec laquelle nous devons recourir à la médecine spirituelle que Jésus nous donne dans le confessionnal.
Notre sainte Mère l’Eglise a voulu que la confession soit obligatoire seulement une fois par an : c’est le strict minimum pour ne pas vivre dans la mort spirituelle. Mais il est évident que le péché n’est pas si rare dans notre vie que nous ne fassions qu’un seul péché par an.
C’est pourquoi notre sainte Mère l’Eglise a toujours conseillé de se confesser plus souvent qu’une seule fois par an. Certains se confessent alors seulement pour les grandes fêtes comme Pâques, Noël, Assomption, Toussaint soit environ une fois par trimestre. Mais il est évident que le péché n’est pas si rare dans notre vie que nous ne fassions qu’un péché par trimestre.
C’est pourquoi les auteurs spirituels ont toujours conseillé de se confesser plus souvent qu’une fois par trimestre. L’expérience du combat spirituel montre que le secours du sacrement de pénitence devient quasi insignifiant lorsque la dernière confession date de plus d’un mois. Au bout d’un mois, la force délétère du péché prend le dessus sur le secours apporté par la confession. Voilà pourquoi il est conseillé de se confesser au moins une fois par mois : c’est le minimum conseillé pour une vie chrétienne ordinaire.
Cependant nous devons reconnaître que ce minimum ne suffit pas pour certains. En effet, il y a d’abord ceux qui désirent avoir une vie chrétienne plus profonde, plus fervente. Pour ceux-là, les auteurs spirituels conseillent la confession tous les quinze jours. Nous ne sommes pas donc surpris de constater que cette coutume se retrouve très souvent dans les communautés religieuses et sacerdotales.
A côté de ceux qui désirent avoir une vie chrétienne plus fervente, il y a ceux qui doivent lutter contre un défaut bien ancré en eux : l’orgueil, l’avarice, l’impureté, la paresse. Dans ce genre de cas, la confession annuelle est largement insuffisante et les auteurs spirituels conseillent la confession tous les quinze jours et même chaque semaine. Si on se refuse à prendre de tels moyens, il ne faut pas s’étonner de languir depuis des années dans le même gros défaut.
Enfin, il y a ceux qui sont en formation et qui par conséquent ont besoin de plus de secours que ceux qui ont achevé leur formation. Cela concerne par exemple, les séminaristes, les novices, les enfants. La confession mensuelle est évidemment insuffisante alors les auteurs spirituels conseillent la confession tous les quinze jours et même très souvent la confession chaque semaine.
Il ne nous reste plus qu’à nous confesser selon nos besoins : une fois par mois, tous les quinze jours ou une fois par semaine.
06:43 Publié dans Religion, sermons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : évangile, catholique, péché, vie spirituelle, jésus
Noces de Cana
Noces de Cana, 2° dimanche après l’Epiphanie : 14.01.2007
L’évangile des noces de Cana nous rappelle l’importance de la cellule de base de toute société : le mariage. Cette importance est telle que notre Seigneur a voulu être présent à des noces pour sanctifier le mariage. Par sa présence, Il a fait du mariage, une réalité surnaturelle c’est-à-dire un sacrement. Et saint Paul précise qu’il s’agit d’un grand sacrement. L’importance du mariage apparaît aussi dans le fait que le mariage est la vocation la plus commune parmi les hommes.
Cependant, le mariage n’est pas la seule vocation possible qui se présente à l’homme ; le célibat dans lequel l’homme renonce au mariage pour des raisons supérieures est la seconde vocation possible. Malheureusement, le célibat est souvent décrié comme contraire à la nature humaine, voire comme humainement impossible. Nous avons heureusement l’exemple de notre Seigneur, de saint Jean-Baptiste, de saint Jean et saint Paul qui nous montre très clairement que le célibat est parfaitement conforme et possible à la nature humaine.
Il y a deux types de célibat : le célibat consacré et le célibat non consacré. Le célibat consacré est le célibat que nous trouvons dans la vocation sacerdotale et dans la vocation religieuse. Ce célibat est consacré par le vœu public de chasteté que font ceux qui veulent vivre dans le célibat consacré. Il y a aussi le célibat non consacré qui concerne les laïcs qui pour l’amour de Dieu ont choisi de renoncer au mariage. Certains de ces laïcs font parfois le vœu privé de chasteté. Le célibat non consacré est souvent choisi par des laïcs qui désirent se donner entièrement à une bonne œuvre comme l’enseignement, la médecine, l’aide à un parent handicapé.
Nous devons maintenant parler de ceux qui ne supportent plus le célibat qu’ils ont pourtant librement choisi. Ce dégoût du célibat librement choisi dans le passé peut se rencontrer aussi bien dans le célibat consacré que dans le célibat non consacré. A ce moment-là, celui ou celle qui éprouve un tel dégoût de son célibat n’arrive plus à s’épanouir et la tentation de se libérer du célibat se présente alors avec beaucoup de force.
C’est le cas de tous les prêtres qui réclament depuis longtemps et avec toujours plus de force le droit de se marier. C’est le cas aussi de certains qui vivent dans le célibat non consacré sans s’y épanouir. Ils subissent leur état de célibataire et cela se remarque aux trois signes suivants. Premier signe, ils considèrent souvent que d’une façon générale, les prêtres parlent trop du mariage, des personnes mariées et de la famille nombreuse. Deuxième signe, ils sont souvent aigris et ils en veulent un peu à tout le monde. Troisième signe, ils sont souvent envieux des joies simples et innocentes que manifestent les gens mariés.
Le mariage est une bonne chose ; c’est un grand sacrement nous dit saint Paul. Le célibat est meilleur que le mariage et c’est l’enseignement de saint Paul. Mais saint Paul précise que chacun reçoit de Dieu sa vocation : tel est appelé par Dieu au mariage, tel autre au célibat consacré ou non consacré. Il s’agit de vivre nous dit saint Paul chacun dans la vocation qu’il a reçue de Dieu sans mépriser la vocation du prochain et sans l’envier. Il y a des personnes mariées qui envient les célibataires ou qui les méprisent et il y a aussi des personnes qui vivent dans le célibat qui envient ou méprisent les personnes mariées.
Notre Seigneur en assistant aux noces de Cana et en y faisant son premier miracle nous montre que les uns et les autres sont dans l’erreur. Si je suis dans les liens sacrés du mariage, je dois respecter et même vénérer l’état plus parfait du célibat. Si je vis dans l’état plus parfait du célibat, je dois respecter ceux qui vivent dans les liens sacrés du mariage. La sainteté ne consiste ni dans le mariage ni dans le célibat mais seulement à vivre le plus parfaitement possible la vocation que Dieu nous a donnée.
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