lundi, 02 novembre 2009

L'autorité parentale

doigtdedieu.jpgComme toute société, la famille ne peut pas subsister sans une autorité. Celle-ci s’exerce selon une double modalité : l’autorité qui dirige la marche de la famille toute entière, détenue par le mari, et celle qui permet aux enfants d’être guidés jusqu’à leur maturité, détenue par le père et la mère, qui se complètent l’un l’autre dans cette tâche.

L’autorité du mari sur son épouse nous est magnifiquement rappelée par saint Paul dans son épître aux Ephésiens, qui établit une analogie entre le mariage et l’union du Christ à l’Eglise :

« Que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme comme le Christ est le chef de l’Eglise, son corps, dont il est le Sauveur. Or de même que l’Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent être soumises à leurs maris en toutes choses » (Eph V, 22-24).

Cette autorité du mari est éclairée par cette réflexion de Dieu, au moment de créer Eve : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul : je lui ferai une aide semblable à lui » (Gen II, 18). La femme est certes aide, c’est-à- dire adjointe, assistante qui se soumet à l’autorité du chef, mais aussi de même nature que le mari : cette autorité ne s’exerce pas à l’égard d’un mineur ou d’une servante, mais de celle qui est la chair de sa chair, les os de ses os et avec qui le mari ne fait plus qu’un. Pie XII le rappelle dans une allocution aux jeunes époux (10/09/1941) :

« Mais envers la femme que vous avez choisie pour compagne de votre vie, quelle délicatesse, quel respect, quelle affection votre autorité ne devra-telle pas témoigner et pratiquer en toutes circonstances, joyeuses ou tristes ! ».

Il est à noter que cette subordination de la femme à son mari comporte un aspect pénible depuis la chute originelle : la punition d’Eve consiste également à ressentir douloureusement cette domination du mari (Gen III, 16), de même que l’homme éprouvera de la peine pour accomplir son travail. Mais comme l’homme moderne veut retourner au fruit défendu, se faire de nouveau Dieu mais sans plus connaître le châtiment de son orgueil, en conséquence la femme refuse cette juste subordination et prétend à une parfaite égalité avec l’homme. C’est la fin de la hiérarchie familiale qui entraîne la débâcle de la famille. Il est vrai qu’instaurer une démocratie dans la famille est une gageure : la majorité des voix semble difficile à atteindre lorsque les avis divergent.

La femme peut bien sûr exposer son avis ou présenter ses objections. La sagesse populaire n’a-t-elle pas d’ailleurs ciselé cette sentence : « Ce que femme veut, Dieu veut » ? Nous pouvons aussi rappeler ce que répondait Jean Jaurès à des camarades socialistes qui lui reprochaient la première communion de sa fille Madeleine : « Vous faites sans doute ce que vous voulez de votre femme, moi pas… ». Il n’empêche que l’épouse chrétienne s’humiliera en laissant le dernier mot à son mari et en le secondant loyalement dans ses vues, faisant le sacrifice généreux de sa volonté propre.

L’autorité des parents vis à vis de leurs enfants diffère sensiblement : il ne s’agit plus de deux personnes humaines majeures qui s’unissent volontairement pour fonder ensemble une famille, il s’agit d’un père et d’une mère qui dirigent leurs enfants afin de les faire parvenir à l’âge adulte. Cette autorité est plus absolue, on parle ici d’un pouvoir dominatif, mais elle est aussi transitoire : un jour, les enfants auront leur autonomie et décideront par eux-mêmes de la direction à donner à leur existence. Cette autorité s’effrite également de nos jours sous les coups de butoir des droits de l’enfant, de l’immixtion croissante de l’Etat et de la destruction de la famille qui entraîne en particulier la disparition de l’autorité paternelle.

La mentalité moderne nous pousse à considérer les enfants non plus comme des adultes en formation, des mineurs qui doivent attendre avant d’exercer leurs droits, mais comme des adultes en miniature, devant s’affranchir au plus tôt de toutes contraintes, tout en maintenant, cela s’entend, les obligations impérieuses de notre monde moderne, comme le devoir de consommation ou de dépravation morale. Ainsi, le devoir de juste correction qu’ont les parents ne peut-il plus s’exercer qu’avec de grandes précautions. Les enfants peuvent à tout moment appeler le 119 : le pouvoir civil viendra alors rappeler à l’ordre les parents fautifs. Certes, le pouvoir civil doit protéger les enfants maltraités et il n’interdit pas une juste correction. Il est cependant profondément subversif de mettre à disposition des enfants un tel service d’écoute téléphonique qui ne peut qu’effrayer les parents et leur faire renoncer à leur obligation de correction : « Celui qui ménage sa verge hait son fils, mais celui qui l’aime le corrige de bonne heure » (Prov XIII, 24).

L’Etat tend à s’ingérer toujours plus dans l’éducation, réduisant comme peau de chagrin l’autorité des parents. Le gouvernement actuel n’a-t-il pas interdit le regroupement scolaire ? Une famille pouvait autrefois confier un enfant à une autre famille pratiquant l’école à la maison. C’est désormais chose durement réprimée. L’Etat pose en principe que : « Tout mineur accueilli hors du domicile des parents jusqu’au quatrième degré ou de son tuteur est placé sous la protection des autorités publiques » (article L227-1 du code de l’action sociale et des familles). Les parents ne peuvent donc pas déléguer leur autorité et confier leurs enfants aux personnes de leur choix, l’Etat se déclare de droit le responsable des enfants dans ces cas. Ainsi, dès que sept mineurs sont accueillis pour ne serait-ce qu’une nuit hors du domicile familial, l’Etat impose ses règles contraignantes de régime de déclaration d’un séjour, d’encadrement des mineurs et de normes des bâtiments. Dernière étape : s’attribuer l’autorité sur les enfants dans tous les cas et la déléguer aux familles sous certaines conditions. Léon XIII rappelle justement, dans Rerum Novarum :

"L’autorité paternelle se saurait être absorbée par l’Etat, car elle a sa source là où la vie humaine prend la sienne. “Les fils sont quelque chose de leur père” ; ils sont en quelque sorte une extension de sa personne ; et, pour parler avec justesse, ce n’est pas immédiatement par eux-mêmes qu’ils s’agrègent et s’incorporent à la société civile, mais par l’intermédiaire de la société domestique dans laquelle ils sont nés. […] Ainsi, en substituant à la providence paternelle la providence de l’Etat, les socialistes vont contre la justice naturelle et brisent les liens de la famille ».

La destruction du lien familial avec la multiplication des divorces, des unions libres et des PACS donne l’algarade finale, le coup fatal à tout exercice d’autorité parentale. Les enfants sont ballottés entre leurs géniteurs, courtisés par le père et la mère afin de capter leur préférence. Les enfants n’ont plus deux parents, mais deux copains qui rivalisent de démagogie pour se les mettre dans la poche. Les nouveaux barbares ne viennent pas de l’extérieur : notre société leur sert de matrice elle-même.

L’autorité parentale, malgré tous ces obstacles, ne devra pas démissionner ou renoncer à s’exercer. Comme à une plante il faut un tuteur pour qu’elle pousse droit, aux petits d’hommes il faut des parents qui veillent avec amour, patience et fermeté à leur formation. Le but ultime du mariage n’est-il pas de peupler le ciel d’élus ?

Abbé Ludovic Girod, Prieur de Prunay

Extrait de La Sainte Ampoule n° 179 de novembre 2009

jeudi, 04 juin 2009

Pélerinage de Pentecôte - mot final par M. l'Abbé Duverger

 



Au sujet de refus par la mairie de Paris d'accorder, comme depuis 20 ans, la butte de Montmartre de la Basilique du Sacré-Coeur, "étranges petits hommes verts entraînant à leur suite quelques édiles des plus médiocres sous le regard d'élus veules et lâches tétanisés par la crainte du qu'en-dira-t-on" (...) "Crainte de troubles à l'ordre public fut-il invoqué comme raison pour fermer les jardins qui pendant vingt ans ont été ouverts. Troubles à l'ordre public venant d'éléments extérieurs incontrôlables précise-t-on (...) Le désordre règne là où le Christ ne règne pas. (...)Qu'ils tremblent les ennemis de Dieu car avec saint Paul nous leur crions que de Dieu on ne se moque pas!"

 

vendredi, 17 avril 2009

Les remerciements de l'Afrique à Benoît XVI occultés par les média

pape-benoit-xvi.jpgExtraits de l'homélie chrismale de Mgr  A.-M. LEONARD (12/04/2009)


En ces fêtes pascales, je pense tout d’abord aux Italiens d’Italie et de Belgique, douloureusement frappés par la tragédie du tremblement de terre d’Aquila et de la région. Avec vous, je confie ce poids de souffrance à la Croix glorieuse de Celui qui porte et endure, Jésus, le Serviteur souffrant. Avec nos frères et sœurs italiens, qui nous sont si chers, mais aussi pour eux, nous voulons prier ardemment en ces jours.  Avec vous, je porte également dans ma prière ces hommes et ces femmes qui, en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie, perdent par centaines leur emploi et se retrouvent gravement insécurisés dans la vie

En raison de l’actualité de ces dernières semaines, je voudrais aussi adresser un message de sympathie à tous mes amis africains, si activement présents dans la vie de notre communauté chrétienne. À l’automne prochain, se déroulera un Synode des évêques, à Rome, spécialement consacré à l’Église en Afrique. C’est en prévision de cet événement que notre Pape Benoît XVI s’est rendu récemment au Cameroun et en Angola. Ce voyage a été d’une exceptionnelle qualité. J’en veux pour témoin la réaction de la Conférence épiscopale régionale de l’Afrique de l’Ouest francophone, signée par son Président, le Cardinal Sarr. Je cite ce document, passé sous silence dans la plupart des médias occidentaux : « Nous savons gré au Saint-Père pour tout le message d’espérance qu’il est venu nous livrer (…). Il est venu nous encourager à vivre unis, réconciliés dans la justice et la paix, pour que l’Église d’Afrique soit elle-même une flamme ardente d’espérance pour la vie de tout le continent. Et nous le remercions pour avoir reproposé à tous, avec nuance, clarté et pénétration, l’enseignement commun de l’Église, en matière de pastorale des malades du sida. (…) Nous déplorons et condamnons l’attentat contre la vérité qui est le péché de notre monde post-moderne et dont résultent les graves blessures que subit de plus en plus la Sainte Église, notre Mère. Quel est ce monde où l’on ne prend pas le temps d’écouter l’autre, de l’écouter jusqu’au bout, et où on lui fait dire ce qu’on veut qu’il dise ? La sagesse africaine et la Sagesse biblique, toutes axées sur l’écoute, ont une autre vision du
monde à proposer. »
La Conférence épiscopale du Cameroun n’a pas non plus mâché ses mots. Je cite sa déclaration : « Les médias d’Occident ont occulté toute l’action de l’Église sur la lutte contre le sida et la prise en charge des malades. (…) Ils ont voulu faire croire à un malaise de l’opinion camerounaise, alors qu’au contraire les Camerounais ont accueilli le pape avec joie et enthousiasme (…) et nous étions tous fiers d’entendre le Pape nous rappeler l’enseignement de l’Église. » Et le Nonce apostolique en Angola, un Italien, résume toute l’affaire en ces termes : « Avec cette histoire instrumentalisée, les journalistes occidentaux ont volé la scène médiatique aux Africains. Oui, les Occidentaux continuent de coloniser les Africains par la puissance virtuelle de ce qu’ils nomment ‘information’ ».

Oui, notre presse a volé aux Africains un événement qui devait, pour une fois, les mettre positivement au devant de la scène médiatique. Ils ont déjà si peu d’occasions de se faire valoir. Et même cela, on le leur a pris, en ne retenant de tout ce remarquable voyage qu’une phrase du Pape, et encore un demi-phrase, une phrase tronquée. Est-ce ignorance de la langue ou est-ce stratégie de mauvaise foi, mais nos journalistes et puis nos parlementaires, semblent ignorer la portée d’une proposition principale précédée d’une conditionnelle. Écoutez la phrase suivante : « Les médicaments de pointe, s’ils sont pris sans précaution et sans accompagnement médical, aggravent les problèmes de santé au lieu de les résoudre ». Vous serez tous d’accord avec mon affirmation. Prenez n’importe comment de la cortisone ou des anti-inflammatoires et vous verrez le résultat ! Mais laissez tomber la conditionnelle et ne gardez que la principale : « Les médicaments de pointe aggravent les problèmes de santé au lieu de les résoudre ». Je vous garantis que, si vous me faites dire cela, en laissant tomber un bout de phrase, je serai demain accusé dans les journaux de négationnisme médicamenteux, d’opposition obscurantiste à la science et de pharmacopée génocidaire. C’est ce qu’on a fait avec Benoît XVI : on a laissé tomber la conditionnelle, développée d’ailleurs dans la suite de son propos, qui insistait sur l’importance prioritaire de l’éducation à une sexualité responsable. Et tout cela au profit du seul dogme que reconnaît apparemment notre culture, celui de l’infaillibilité plus que pontificale, confinant à l’absolu, de ce machin que vous savez, bien utile, il est vrai, dans bon nombre de cas, mais qui ne sera jamais la panacée.


Notre Pape n’est pas maladroit. C’est un homme candide et confiant. Sa candeur va jusqu’à penser que des hommes intelligents, habitués à la finesse du langage, respecteront les nuances de sa parole. (...)

Mgr A.-M. LÉONARD, évêque de Namur

mardi, 15 juillet 2008

Bref historique de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus - conférence spirituelle


Introduction

Sacre_Coeur.gifNous ne trouvons ni le nom, ni l'idée complexe de la dévotion au Sacré-Cœur dans les premiers siècles de l'Eglise. Mais nous pouvons y découvrir au moins éparses les vérités dont nous avons maintenant la synthèse.

C'est aux XIe-XIIe siècles que nous trouvons les premières traces de la dévotion au Sacré-Cœur. Cette dévotion semble venir de la dévotion envers le côté ouvert de Jésus.

À partir du XIIe siècle, les textes relatifs à la dévotion au Sacré-Cœur se multiplient en particulier avec sainte Mechtilde, sainte Gertrude et saint Bonaventure. Chez les deux premières, nous trouvons des exercices de piété en l'honneur du Sacré-Cœur.

Du XIIIe au XVe siècle, la dévotion au Sacré-Cœur se diffuse progressivement parmi les différents ordres en particulier les dominicains avec les mystiques rhénans et les chartreux qui avaient sous leurs yeux l'image du Sacré-Cœur dans leurs livres et leur ornementation architecturale.

Au XVIe siècle, la dévotion au Sacré-Cœur se constitue en exercices de piété bien déterminés selon les courants religieux. Un centre de référence est la Chartreuse de Cologne où saint Pierre Canisius puisa sa dévotion au Sacré-Cœur.

Au XVIIe siècle, cette dévotion qui est surtout pratiquée par des âmes mystiques devient de plus en plus ascétique c'est-à-dire pratiquée par tous les fidèles.

I. Les origines scripturaires de la dévotion au Sacré-Coeur

L'évangile de la fête du Sacré-Cœur donne l'origine scripturaire du culte du Sacré-Cœur. C'est le passage de l'évangile de saint Jean dans lequel est relaté le coup de lance qui transperce le côté de Jésus. Il en sort du sang et de l'eau, symboles de l'eucharistie et du baptême. Il y a donc un lien entre le Sacré-Cœur et les sacrements, en particulier le sacrement d'amour.

II. Le culte du Sacré-Cœur chez les Pères et les Docteurs de l'Eglise

Origène (185-254). Le grand exégète et théologien d'Alexandrie a deux passages très intéressants sur le Cœur de Jésus. Voici le premier passage : « Il est certain que Jean a reposé à proximité du cœur de Jésus, au milieu des plus profonds secrets de sa doctrine. C'est là qu'il a puisé les trésors de science et de sagesse qui étaient cachés en Jésus-Christ. » Ce passage rappelle l'invocation des litanies du Sacré-Cœur dans laquelle il est dit que dans le Cœur de Jésus se trouve tous les trésors de la sagesse et de la science. Voici le second passage : « L'âme repose sur la poitrine du Sauveur, parce que là est le cœur, dont le rôle principal est l'amour. »

Saint Grégoire de Nazianze (330-390). Evêque de Nazianze, Père et Docteur de l'Eglise, saint Grégoire a ces lignes magnifiques : « Y a-t-il un exemple plus grand que celui qui nous vient du cœur de Jésus ? Il est l'unique original de toute sainteté. Toutes les vertus y sont renfermées comme dans leur source. Et, parce que, seul, Il les possède d'une manière indépendante, Il nous les donne de son plein gré, par le seul mouvement de sa charité. » Ces paroles du saint docteur préludent  aux invocations suivantes des litanies : Cœur de Jésus, source de vie et de sainteté ; Cœur de Jésus, abîme de toutes les vertus.

Saint Ambroise (339-397). Évêque de Milan et Docteur de l'Eglise, saint Ambroise s'exprime ainsi au sujet du Sacré-Coeur : « Son cœur, qui a été transpercé par la lance, est devenu notre cœur et par lui nous aimons le Père. »

Saint Paulin (353-431). Evêque de Nole, saint Paulin écrit que : « Jean, qui eut le bonheur de reposer sur la poitrine du Seigneur, puisa dans le cœur même de la Sagesse créatrice des pensées plus hautes que toute  créature. »

Saint Anselme (1033-1109). Archevêque de Cantorbéry et Docteur de l'Eglise, saint Anselme est considéré comme le père de la Scolastique ou de l'exposition scientifique des données de la foi. Il meurt à Cantorbéry en 1109.

Dans sa 12e Méditation, nous lisons : « Vous vous êtes engagé à nous donner un cœur et un esprit nouveau, si nous rentrons en nous-mêmes, et vous avez promis de nous fixer dans votre Cœur et dans votre Ame … Je veux répondre à votre appel, ô mon Dieu, en revenant au cœur, c'est-à-dire à Vous-même qui êtes ce Cœur où mon âme vit … C'est ce cœur pur que je vous demande, ô mon Dieu, de créer en moi »

Dans sa 15e Méditation, il écrit : « Examinez, je vous prie, quel est le disciple qui repose sur le Cœur de Jésus … Sur le Cœur adorable, Jean s'enivra du vin de l'allégresse dans la contemplation de la divinité … En ouvrant ses bras, il nous montre qu'il désire ardemment nous serrer dans son Cœur … Cette blessure ne nous a-t-elle pas révélé les trésors infinis de sa bonté, c'est-à-dire, toute la charité de son Cœur pour nous ? »

Saint Bernard (1090-1153). Abbé de Clairvaux et Docteur de l'Eglise, saint Bernard a un beau passage sur le Sacré-Cœur dans un de ses sermons sur la Passion : Puissé-je mériter d'habiter dans votre Cœur tous les jours de ma vie … Votre Cœur a été blessé afin que nous puissions habiter en Lui, en Vous-même Qui n'aimerait un Cœur blessé de la sorte ? »

Saint Antoine de Padoue (1195-1231). Franciscain et Docteur de l'Eglise, saint Antoine de Padoue revient souvent dans ses écrits et ses sermons sur le Sacré-Cœur. Citons le passage suivant : « (La plaie du côté) mène à son Cœur et c'est là qu'il appelle l'âme dont il a fait son épouse … il lui a ouvert son côté et son Cœur pour qu'elle vienne s'y cacher … l'âme religieuse trouvera dans le Cœur de Jésus, avec un asile contre les machinations de Satan, une délicieuse retraite. »

Saint Bonaventure (1217-1274). Cardinal d'Albano et Docteur de l'Eglise, saint Bonaventure a eu une dévotion ardente et tendre envers le Sacré-Cœur. Il insiste en particulier sur son désir de pénétrer dans le Cœur de Jésus « pour y fixer sa demeure à jamais »

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274). Dominicain et Docteur de l'Eglise, saint Thomas a écrit une œuvre abondante dansSt_Thomas.jpg laquelle nous trouvons de nombreux passages sur le Cœur de Jésus. Le Cœur de Jésus est pour lui la porte de la vie éternelle, le témoignage d'une très grande dilection, un principe de foi et de persévérance, le remède au péché.

Saint Pierre Canisius (1521-1597). Jésuite et Docteur de l'Eglise, saint Pierre Canisius fut un fidèle disciple et un apôtre zélé du Cœur de Jésus. Il brûlait d'un feu surnaturel puisé dans le sanctuaire de ce Cœur. Il méditait sur les souffrances du Cœur de Jésus qu'il saluait chaque matin tandis que le soir, son action de grâce était tournée vers ce même Cœur. Il commençait ses occupations en invoquant le Sacré-Cœur et dans son testament, il nous a laissé un monument de son Amour pour le Sacré-Cœur. Nous pouvons penser que cet amour pour le Sacré-Cœur lui a été donné par la Chartreuse de Cologne

Saint François de Sales (1567-1622). Évêque de Genève et Docteur de l'Eglise, saint François de Sales a aussi une adente dévotion envers le Sacré-Cœur de Jésus. Le pape Pie IX affirme qu'il a « jeté les germes de cette dévotion au Sacré-Cœur que nous la grande joie de merveilleusement propagée. »

Il parle du Sacré-Cœur dans le Traité de l'Amour de Dieu et dans une lettre de 1611 à sainte Jeanne de Chantal, il écrit que « Notre petite congrégation est un ouvrage du Cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l'ouverture de son Sacré-Cœur. » Il disait à religieuses de la Visitation : « Ne voulez-vous pas être les adoratrices et les servantes du Cœur de ce divin Sauveur ? »Il souhaitait qu'elles deviennent les filles du Sacré-Cœur de Jésus.

III. Le culte du Sacré-Cœur en Alsace entre 1152 et 1350

Haguenau. L'empereur Frédéric Barberousse agrandit la chapelle palatine, berceau de la ville de Haguenau, pour y placer deux reliques insignes de la Passion : une partie de la couronne d'épines et la sainte Lance qui a transpercé le côté du Christ. Un important pèlerinage se développa et la dévotion à la sainte Lance fut naturellement unie à la dévotion au Sacré-Cœur. La sainte Lance y séjourna d'environ 1152 à 1209.

Colmar. Le relais dans la dévotion au Sacré-Cœur a été fait par le couvent d'Unterlinden, à Colmar, sous la direction des dominicains. Certains de ces dominicains sont les grands représentants de la mystique rhénane. Dans ce couvent d'Unterlinden existait une fête de la plaie du Sacré-Côté. Cette fête se célébrait le vendredi après l'octave de la Fête-Dieu. Dans le même couvent, chaque vendredi de l'année était consacré au Sacré-Cœur. Plusieurs salles du couvent étaient également consacrées au Sacré-Cœur comme le réfectoire au Cœur très pur de Jésus, le dortoir au Cœur patient et la salle du chapitre au Cœur humble de Jésus.

Les mystiques rhénans. Le premier grand représentant de la mystique rhénane est saint Albert le Grand (1193-1280) qui enseignait la science du Sacré-Cœur et le lien entre le Sacré-Cœur et le sacrement de l'eucharistie.

            Le deuxième grand nom est celui de Maître Eckart (1260-1327). Il a davantage insisté sur le lien entre le Sacré-Cœur et l'eucharistie. Il voulait unir les deux grandes dévotions populaires : dévotion au Cœur de Jésus et la dévotion à la sainte Hostie.

            Le troisième grand représentant de la mystique rhénane est Tauler(1295-1361). Il a été l'élève de Maître Eckart. Il est considéré comme le plus prédicateur de langue allemande du temps de la foi et comme un des plus grands mystiques de tous les temps. Il connaît les écrits des deux grandes mystiques que sont sainte Mechtilde et sainte Gertrude la Grande. Il exhorte à se réfugier dans le Cœur de Jésus pour une transformation intérieure et profonde. Il demande aussi une communion de souffrance avec le Cœur de Jésus pour le salut des âmes. Il pousse à la communion pour recevoir les richesses contenues dans le Cœur de Jésus.

            Le dernier nom à retenir est celui du bienheureux Henri Suso (1300-1366), disciple lui aussi de Maître Eckart. Suso eut toute sa vie un attachement profond au Cœur de Jésus. Dans les nombreuses souffrances de sa vie, il aimait à se réfugier dans le Sacré-Cœur.

IV. Le culte du Sacré-Cœur chez les saints depuis le XIIIe siècle

Sainte Mechtilde (1241-1298). Bénédictine du monastère de Helfta en Saxe, sainte Mechtilde est une des plus célèbres mystiques avec sainte Gertrude, religieuse du même monastère. Comme cette grande mystique, elle a été une grande zélatrice de la dévotion au Sacré-Cœur. Voici deux passages de ses écrits qui nous rapportent les grâces qu'elle a reçu du Sacré-Cœur. : « S'il me fallait écrire tous les biens qui me sont venus du très bénigne Cœur de Jésus, un livre gros comme celui des Matines n'y suffirait pas. » Et ailleurs, elle dit : « Par ce Cœur nous recevons la communication de tous les biens. »

Sainte Gertrude la Grande (1256-1303). Bénédictine du monastère de Helfta en Saxe, sainte Gertrude la Grande porta sa piété de préférence vers le Cœur de Jésus. Elle aimait réciter cette belle prière : « O Sainteté du Cœur de Jésus, consacrez mon cœur. Providence du Coeur de Jésus, veillez sur mon cœur. Immutabilité du Cœur de Jésus, affermissez mon cœur. Pureté du Cœur de Jésus, purifiez mon cœur. Obéissance du Cœur de Jésus, assujettissez mon cœur. Amabilité du Cœur de Jésus, découvrez-vous à mon cœur. »

Sainte Gertrude a joué un grand rôle dans le développement de la dévotion au Sacré-Cœur. Elle a influencé le chartreux Lansperge de la Chartreuse de Cologne (mort en1539) et le vénérable bénédictin Louis de Blois (mort en 1566) qui vous répandre ses écrits à savoir Le Héraut de la tendresse divine.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380). Tertiaire dominicaine, sainte Catherine de Sienne disait à Jésus : « … tant que jesacrecoeur_espagnol.jpg ne serai pas parvenue à me cacher toute entière dans votre divin Cœur, je ne goûterai jamais le repos. » Elle écrivait à un prêtre : « Dans le côté du Christ, vous trouverez l'amour de son Cœur, car tout ce qu'il a fait pour nous, a été fait avec l'amour de ce Cœur. »

Saint Jean Eudes (1601-1680). Fondateur de la Congrégation des saints Cœurs de Jésus et de Marie, saint Jean Eudes est l'auteur du culte liturgique des Cœurs sacrés de Jésus et de Marie. Saint Pie X l'appelle le docteur et l'apôtre du culte liturgique du Sacré-Cœur.

Il brûlait d'un amour tout spécial pour les Cœurs de Jésus et de Marie. Sa congrégation célébra pour la première fois en 1672 la messe et l'office du Sacré-Cœur. » Grâce à son influence, la dévotion au Sacré-Cœur est passée du domaine privé au domaine public. Il s'est inspiré de la plupart de ces devanciers, en particulier de sainte Gertrude, saint François de Sales et du cardinal de Bérulle. Il nous présente le Sacré-Cœur comme l'Amour de Jésus pour son Père, comme le grand moyen de nous unir au Père.

Sainte Marguerite-Marie (1647-1690). Religieuse de la Visitation de Paray-le-Monial, sainte Marguerite-Marie est à l'origine de la diffusion dans le peuple de la dévotion au Sacré-Cœur grâce aux révélations dont elle a été favorisées par le Cœur de Jésus. Ces révélations ont été nombreuses mais deux seulement ont été qualifiées de grandes par le pape Pie XI à savoir celles de 1673 et de 1675.

            La première grande apparition est la manifestation des cinq plaies toutes rayonnantes surtout celle du côté du Christ ; elle montre la charité de Dieu pour les hommes. La seconde grande apparition est la plus grande et la plus célèbre selon les mots de Pie XI. Cette apparition demande l'établissement d'une dévotion réparatrice au Sacré-Cœur en raison de l'indifférence et l'ingratitude des hommes devant un si grand amour. C'est la dévotion des premiers vendredis du mois et la demande de l'institution de la fête du Sacré-Cœur le vendredi après l'octave de la fête du très saint sacrement.

            Le bienheureux Claude de la Colombière (mort en 1682), jésuite et confesseur de sainte Marguerite-Marie, a joué un rôle très important dans l'établissement du culte du Sacré-Cœur. Il a gagné plusieurs personnes à cette dévotion aussi bien en Angleterre qu'en France. Il a continué son rôle après sa mort selon les dires de sainte Marguerite-Marie elle-même. Enfin, il peut être considéré comme à l'introducteur de cette dévotion dans la Compagnie de Jésus.

V. Le culte du Sacré-Cœur et les souverains pontifes

Clément X (1670-1676). À la demande de saint Jean Eudes, Clément X fit publier six brefs concédant des indulgences en faveur de confréries en l'honneur du Sacré-Cœur.

Clément XIII (1758-1769). Ce pape approuva le 6 février 1765 pour le royaume de Pologne, l'office et la messe propres de la fête du Sacré-Cœur. Il étendit ce privilège aux religieux de la Visitation le 10 juillet de la même année, au diocèse de Rome et pour tous les diocèses qui en feraient la demande.

Pie VI (1800-1823). Par un décret de 1819, il éleva la fête du Sacré-Cœur au rite double de première classe pour la Terre sainte.

Pie IX (1846-1878). Le 23 août 1856, à la demande des évêques de France, Pie IX étendit la fête du Sacré-Cœur à l'Eglise universelle sous le rite double majeur. En 1864, lors de la béatification de Marguerite-Marie, il fit un pressant appel en faveur de la dévotion au Sacré-Cœur. En 1875, il proposa aux fidèles du monde entier un acte de consécration au Sacré-Cœur.

Léon XIII (1878-1903). En 1889, il engagea les fidèles à redoubler de piété envers le Sacré-Cœur. À la demande de plusieurs évêques, le 28 juin de la même année, Léon XIII étendit  la fête du Sacré-Cœur au rite double de première classe. Au début de l'année 1899, il approuva les litanies du Sacré-Cœur. La même année, il publia l'encyclique Annum sacrum dans laquelle il annonçait son intention de faire une consécration du genre humain au Sacré-Cœur. Le 11 juin 1899 avait lieu cette consécration. Il recommandait la récitation de prières en l'honneur du Sacré-Cœur surtout pendant le mois de juin. Il invitait également à la pratique de la communion réparatrice et celle du premier vendredi du mois.

Saint Pie X (1903-1914). En 1906, en réponse à de nombreuses suppliques, il demanda le renouvellement annuel de la consécration du genre humain au Sacré-Cœur. Il approuva en 1908 l'apostolat de l'intronisation du Sacré-Cœur dans la famille par le Père Mateo Crawley. En 1909, il béatifia Jean Eudes en le qualifiant  de père, d'apôtre et de docteur du culte liturgique du Sacré-Cœur.

Benoît XV (1914-1922). En 1921, il canonisa la grande confidente du Sacré-Cœur et il en profitant pour recommander la dévotion au Cœur de Jésus. La même année, il approuva un office et une messe propres en l'honneur du très saint Cœur eucharistique de Jésus dont la fête fut fixée au jeudi après l'octave de la Fête-Dieu.

L'encyclique du pape Pie XI, Miserentissimus Deus du 8 mai 1928. Dans cette encyclique, le pape Pie XI entend rappeler le devoir de réparer l'ingratitude des hommes envers la miséricorde infinie du Cœur de Jésus. La dévotion au Sacré-Cœur est justement une preuve de plus de cette miséricorde infinie. Il recommande pour réaliser ce devoir de réparation les demandes du Sacré-Cœur à savoir la communion réparatrice et l'heure sainte. Il joint à l'encyclique une Amende honorable à réciter chaque année lors de la fête du Sacré-Cœur. Et il élève cette même fête au rang de double de première classe avec octave.

PIUSXII.jpgL'encyclique du pape Pie XII, Haurietis aquas du 15 mai 1956. Cette encyclique a été écrite à l'occasion du bicentenaire de l'institution de la fête du Sacré-Cœur et du centenaire de l'extension de cette fête à l'Eglise universelle. Pie XII y rappelle l'importance de la dévotion au Sacré-Cœur et il insiste sur l'amour de Dieu pour le genre humain, amour symbolisé et matérialisé par le Sacré-Cœur de Jésus. Le pape reprend ensuite toute l'histoire de la dévotion au Sacré-Cœur.

Litanies du Sacré-Cœur

Elles sont approuvées par la Congrégation des Rites en 1889. Elles comptent 33 invocations en souvenir des 33 années de la vie du Christ. Ces invocations ont trois sources à savoir les litanies écrites par une visitandine de Dijon en 1678 (27 invocations ont été reprises) ; les litanies écrites par un jésuite français en 1688 (5 invocations ont été reprises) et une invocation introduite par la Congrégation des Rites.

mardi, 08 juillet 2008

Très précieux Sang 2008 (sermon)

 

précieux-sang.jpgNous avons commencé ce mois de juillet avec la fête du très précieux Sang et ce dimanche, j'aimerais dire quelques mots sur le très précieux Sang de Notre Seigneur.

 

Chaque jour, à chaque messe, le prêtre prononce ces paroles de la consécration du calice : « Ceci est le calice de mon sang qui sera versé pour vous et pour beaucoup en rémission des péchés. »

Par ces paroles, le prêtre rappelle la valeur expiatoire du Sang de Jésus et il suggère la triste réalité du refus de la grâce du très précieux Sang de Notre Seigneur.

 

En effet, le Sang de Jésus a une valeur universelle pour effacer les péchés de tous les hommes de tous les temps : c'est le rachat de tous les hommes par le Sang de Jésus. En droit, Notre Seigneur a payé la dette qui découle des péchés de tous les hommes et c'est dans ce sens que nous pouvons affirmer qu'Il a versé son Sang pour tous les hommes.

 

Mais ce rachat doit être ensuite accepté par chaque homme en particulier et c'est toute la doctrine de l'application à chaque âme de la valeur expiatoire universelle du Sang de Jésus. Cette application nécessite une adhésion volontaire pour recevoir toute l'efficacité du très précieux Sang. Saint Augustin le résume de façon admirable en disant : « Dieu qui t'a racheté sans toi, ne te sauvera pas sans toi. » Le rachat par le Sang du Christ est universel et indépendant de notre volonté tandis que le salut par ce même Sang n'est pas universel et il dépend de notre bonne volonté.

En effet, il y a eu des hommes ; il y a des hommes et il y aura encore des hommes qui ne veulent pas du salut offert par le Sang de Notre Seigneur. Rachetés par le Sang du Christ, ils refusent d'être aussi sauvés par ce Sang. Et c'est pourquoi dans les paroles de la consécration du calice, le prêtre ne dit pas que le Sang du Christ est versé pour tous mais seulement pour beaucoup.

 

L'application de la vertu universelle du Sang de Jésus à chaque âme se fait tout spécialement par la fréquentation des sacrements et en particulier par la réception du baptême et de la pénitence.

Celui qui refuse le sacrement de baptême refuse que la vertu du très précieux Sang lui soit appliquée : racheté par le Sang du Christ, il ne pourra pas être sauvé contre son gré par le Sang du Christ. Le Sang du Christ doit couler sur chaque âme afin qu'elle soit sauvée.

Le sacrement de pénitence a été institué pour ôter le principal obstacle au salut : le péché mortel. Or c'est le Sang de Jésus qui efface le péché. Donc celui qui refuse le Sang de Jésus ne pourra être délivré du péché mortel ; il ne pourra pas être sauvé. Et c'est pourquoi, le sacrement de pénitence est appelé la seconde planche de salut, la première étant le sacrement de baptême. Chaque fois qu'une âme reçoit l'absolution sacramentelle, elle se plonge dans le Sang de Jésus.

 

Aimons le saint sacrifice de la messe qui met à notre disposition le Sang de Jésus sans lequel il n'y a de salut pour personne ! C'est pourquoi certains pensent que quand il n'y aura plus de messe, ce sera la fin du monde. Aimons donc notre sainte messe ! Et à chacune de nos confessions, pensons à ce Sang qui nous purifie de nos péchés ! Ainsi soit-il !

mardi, 03 juin 2008

Sacré-Cœur 2008 (sermon)

2049118756.jpgLe Sacré-Cœur de Jésus est l'amour de Dieu pour les hommes. L'amour de Dieu a deux caractéristiques qui le distinguent de l'amour des hommes.

L'amour de Dieu est un amour créateur. La raison de la création est l'amour de Dieu pour les hommes. Les premiers chapitres de la Bible montrent que Dieu aime ce qu'Il a fait. La création est une grandiose manifestation de l'amour de Dieu.
L'amour de l'homme n'est pas créateur. Ce que l'homme aime, il ne l'a pas créé tandis que Dieu aime et n'aime que ce qu'il a créé.

L'amour de Dieu est aussi et uniquement un amour de bienveillance ; un amour qui veut le bien de ce qui est aimé. Dieu aime ses créatures c'est-à-dire qu'Il leur veut du bien, tout le bien qui est proportionné à la nature de chaque être. Cet amour de Dieu est uniquement bienveillant car Dieu ne retire rien de l'amour qu'Il porte à ses créatures. Le fait que Dieu aime ses créatures ne lui ajoute rien car Il est lui-même à l'origine de toute la bonté qui se trouve dans ses créatures.
L'amour de l'homme n'est pas toujours un amour de bienveillance; il est parfois, si ce n'est souvent, un amour de concupiscence.
Souvent, l'homme recherche son propre bien quand il aime; son amour n'est pas toujours désintéressé. Cet amour de concupiscence peut devenir un égoïsme tandis que l'amour de Dieu n'est jamais et ne sera jamais un égoïsme.

Tel est l'amour du Sacré-Cœur : un amour créateur et un amour uniquement de bienveillance. Le Sacré-Cœur a tout créé par amour et il veut le bien de tous les hommes. Ce bien est d'abord naturel. Le Sacré-Cœur veut le bien naturel de tous les hommes à savoir le bien du corps, le bien de l'intelligence et le bien de la volonté. Pour le bien du corps, il a créé pour ce qui sert à la nutrition et à la guérison des hommes. Pour le bien de l'intelligence, il a créé toutes ces disciplines
scientifiques qui permettent de connaître cette nature qui vient de l'amour du Sacré-Cœur. Pour le bien de la volonté, il donne les lois de la bonne éducation.
Ce bien est enfin surnaturel par la communication de la grâce sanctifiante, des vertus théologales et des dons du Saint-Esprit. Le Sacré-Cœur veut surtout le bien surnaturel pour les hommes qu'Il a créé. Mais malheureusement, les hommes ne veulent pas de ce bien surnaturel. Ils ne veulent pas de la foi qu'ils qualifient de mythes; ils ne veulent pas de l'espérance car ils mettent tout leur espoir dans les progrès des sciences.
Les hommes ne veulent plus de la charité. Ils parlent sans cesse de l'amour, mais l'amour des hommes est souvent une caricature de la charité. L'amour des hommes est souvent un amour de concupiscence alors que la charité est un amour de bienveillance. Lorsque l'amour des hommes est un amour de bienveillance, cet amour est encore bien souvent très loin de la charité. Lorsque l'amour des hommes est un amour de bienveillance, cet amour s'arrête à un amour naturel. On veut le bien naturel comme donner à manger à celui qui à faim, mais le bien de la volonté est souvent ignoré et que dire du bien surnaturel ? Qui veut encore le bien surnaturel des hommes ?

Cette fête du Sacré-Cœur nous invite donc à considérer quel est l'amour qui bat dans nos cœurs. Est-ce un amour de concupiscence qui débouche trop souvent dans l'égoïsme ? Est-ce un amour de bienveillance qui se limiterait seulement à nourrir les affamés ? Est-ce un véritable amour de charité qui cherche le bien surnaturel de tous les hommes ?

Seul cet amour est semblable à l'amour du Sacré-Cœur pour tous les hommes. Il est venu pour allumer ce feu sur la terre et il ne désire qu'une chose que ce feu embrase tout l'univers !

Ainsi soit-il !

lundi, 26 mai 2008

Fête-Dieu 2008

1659024997.jpgNotre sainte Mère l'Eglise parce qu'elle a le sens de Dieu et le sens du respect qui est à Dieu présent dans l'eucharistie nous enseigne depuis tout petit à rendre à ce Dieu l'adoration et le respect qui lui sont dus.

Et le premier geste d'adoration qu'elle nous enseigne est le geste de la génuflexion. Tout petit, nous avons appris de nos parents à faire la génuflexion en entrant à l'église pour saluer et adorer le Dieu présent dans l'eucharistie. La foi nous dit que Dieu est présent dans cette église, dans le tabernacle et nous l'adorons par le geste simple de l'adoration. Et ce geste, nous devons encore le répéter en sortant de l'église et chaque fois que nous passons devant le tabernacle qui contient cette présence de Dieu dans l'eucharistie.

Elle nous enseigne surtout ce respect pour le Dieu présent dans l'eucharistie par la sainte liturgie. Ce respect est tellement grand que seul le prêtre est autorisé à toucher le Dieu présent dans l'eucharistie. Et le prêtre ne peut le toucher qu'avec deux doigts de chaque main. Ces doigts, la sainte liturgie l'oblige à les garder
joints depuis la consécration jusqu'à la purification des doigts de peur de répandre partout sur l'autel les parcelles de la sainte hostie.

Ce respect concerne aussi les vases sacrés qui sont en contact direct avec les saintes espèces à savoir le calice, la patène et le ciboire.
Seul le prêtre est autorisé à toucher ces vases sacrés lorsqu'elles contiennent les saintes espèces. Mais le lien entre les saintes espèces avec le calice et la patène est tel que seul le prêtre peut les toucher même lorsqu'elles ne contiennent plus le corps et le sang de Jésus-Christ. Et c'est pourquoi, à la messe, le cérémoniaire qui
dépose le calice sur l'autel est obligé de porter des gants pour ne pas toucher directement les vases sacrés.

Ce respect s'étend encore aux linges sacrés qui sont en contact direct avec le corps et le sang du Christ à savoir le corporal et le purificatoire. Le corporal, comme son nom l'indique, est destiné à recevoir le corps du Christ tandis que le purificatoire sert à purifier le calice au moment des ablutions. Seul le prêtre est autorisé par la sainte liturgie de toucher ses linges sacrés. Et c'est pourquoi, à la messe, le cérémoniaire est obligé de porter des gants lorsqu'il déplie le corporal sur l'autel avant d'y poser le calice.

Voilà le respect que la sainte Eglise nous inculque à travers la sainte liturgie et à travers ce simple geste de la génuflexion. En effet, la foi n'est seulement intérieure ; elle ne dit pas seulement être dans notre cœur, mais elle doit aussi se manifester à l'extérieur par ces génuflexions et tous ces gestes que nous demande la sainte liturgie.

Cette procession que nous allons faire dans quelques instants est justement un grand témoignage de notre respect et de notre adoration envers le Dieu présent dans l'eucharistie. Cette procession est également un important acte extérieur de notre foi en la présence de Dieu dans l'eucharistie. Que cette procession soit enfin une expiation pour tous les sacrilèges et toutes les irrévérences  commis contre la présence divine dans le sacrement de l'eucharistie !

Ainsi soit-il !

mardi, 20 mai 2008

Très Sainte Trinité 2008

1161760289.jpgNous célébrons ce dimanche le mystère central de notre sainte religion car c'est le mystère de ce que Dieu est en lui-même. Ce mystère nous enseigne qu'en Dieu, il y a trois personnes.

Le mot mystère n'est pas synonyme d'absurdité : la Trinité n'est pas une absurdité. Il n'est pas étonnant que ce que Dieu est en lui-même puisse échapper à l'intelligence humaine. Il faut être Dieu pour comprendre parfaitement ce que Dieu est en Lui-même.

Notre expérience quotidienne nous donne la connaissance de ce qu'est une personne. Ce mot de personne, nous ne l'attribuons pas à des animaux ou à des végétaux mais seulement à des êtres doués d'intelligence et de volonté. Pierre est une personne, mais le chien Castor n'est pas une personne. L'expérience quotidienne nous montre aussi qu'une personne a une unité qui la rend distincte de toute autre personne : Pierre est distinct de Jacques et on ne peut les confondre.
Pierre et Jacques sont des personnes humaines.

Le mystère de la très sainte Trinité nous enseigne qu'en Dieu, il y a trois personnes divines. Des personnes distinctes les unes des autres.
Ces personnes sont le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il est donc impossible de confondre le Père avec le Fils, ou le Fils avec le Saint-Esprit.

L'expérience quotidienne enseigne que la pluralité des personnes humaines ne contredit pas l'unité de la nature humaine. Il y a plusieurs personnes humaines, mais il y a une seule nature humaine. Pierre et Jacques sont deus personnes humaines, mais Pierre et Jacques n'ont qu'une seule et même nature humaine. L'unité est du côté de la nature ; la pluralité est du côté des personnes.

Dans la Trinité, il y a pluralité et unité ; pluralité du côté des personnes et unité du côté de la nature. Il y a trois personnes divines distinctes les unes des autres, mais ces trois personnes n'ont qu'une seule et même nature divine.

Le mystère de la très sainte Trinité n'affirme pas la pluralité de la nature divine, ce serait une absurdité. Le mystère de la très sainte Trinité affirme la pluralité des personnes divines dans l'unité de la nature divine commune aux trois personnes divines.

Saint Paul écrit : « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu.» Ce qui signifie que sans la foi au mystère de la très sainte Trinité, il est impossible de plaire à Dieu. Celui qui refuse que le Fils est une personne divine ne peut plaire à Dieu.

La très sainte Trinité est un mystère, par conséquent elle n'est pas l'aboutissement d'un raisonnement plus ou moins subtil et compliqué.
La très sainte Trinité est un mystère qui est cru par la soumission de l'intelligence à la Parole de Dieu. En effet, seul Dieu peut dire à l'homme ce qu'il est en lui-même. Aucun homme, quelque soit son intelligence, n'aurait pu le deviner.

Mon Dieu, je crois en votre Parole, je crois que vous êtes un seul Dieu en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ainsi soit-il !

lundi, 19 mai 2008

Fidélité à l'enseignement du Saint-Esprit

Sermon de Pentecôte 2008

1196673434.jpgDans l'évangile de ce dimanche de la Pentecôte, Notre Seigneur nous dit que le Saint-Esprit nous enseignera toutes choses.  Dans l'Eglise du Dieu, il n'y a qu'une personne qui enseigne et c'est le Saint-Esprit. Aucun enseignement n'est valable, aucun enseignement n'est obligatoire s'il n'est conforme à l'enseignement du Saint-Esprit. Aucun homme d'Eglise, quel que soit son grade dans l'Eglise, ne peut enseigner autre chose que ce que le Saint-Esprit a enseigné. Mais cela est également vrai pour les simples fidèles qui ne peuvent enseigner à leurs enfants un enseignement qui ne serait pas conforme à l'enseignement du Saint-Esprit.

Et nul dans l'Eglise du Christ ne peut recevoir un enseignement différent de celui qui est donné par le Saint-Esprit. Dans l'épître aux Galates, saint Paul leur reproche justement d'avoir abandonné l'enseignement du Saint-Esprit pour recevoir un évangile différent de l'Evangile que saint Paul leur avait prêché. Pour saint Paul, un tel abandon est insensé : oui, il est vraiment insensé de recevoir un enseignement qui n'est pas celui du Saint-Esprit.

Tout homme d'Eglise doit donc enseigner non ce qui lui plaît, ni ce qui serait le fruit de ses recherches personnelles, mais il doit enseigner ce que le Saint-Esprit a enseigné. Toujours dans l'épître aux Galates, saint Paul insiste sur cette nécessité de l'accord entre l'enseignement de l'homme d'Eglise et l'enseignement du Saint-Esprit. Il affirme même que si par malheur, il se mettait à prêcher un autre évangile que celui du Saint-Esprit, qu'il soit anathème c'est-à-dire condamné. Tout homme d'Eglise qui prêcherait un évangile différent serait donc anathème et sa prédication serait nulle et sans autorité.

Pourquoi une telle conformité avec l'enseignement du Saint-Esprit est-elle nécessaire ? Tout simplement parce que le Saint-Esprit est l'Esprit de vérité. La vérité ne se contredit pas ; ce que le Saint-Esprit a enseigné, le Saint-Esprit ne peut pas un jour plus tard le contredire. Ce que le Saint-Esprit a enseigné il y a mille ans, le même Saint-Esprit ne peut mille plus tard enseigner exactement le contraire.

Donnons deux exemples : la résurrection du Christ et la séparation entre l'Eglise et l'Etat. Le Saint-Esprit a enseigné que le Christ est essuscité. Le même Saint-Esprit ne peut deux mille ans plus tard enseigner que le Christ n'est pas ressuscité ou que cette résurrection est purement symbolique et non réelle. Aucun homme d'Eglise ne peut enseigner que le Christ n'est pas réellement ressuscité. Le Saint-Esprit a condamné la séparation de l'Eglise et de l'Etat ; le même Saint-Esprit ne peut pas enseigner plus tard que cette séparation est une bonne chose. Deux choses l'une : ou c'est le Saint-Esprit qui a condamné la séparation entre l'Eglise et l'Etat et alors ce n'est pas le Saint-Esprit qui enseigne que cette séparation est une bonne chose ; ou c'est le Saint-Esprit qui enseigne que la séparation entre
l'Eglise et l'Etat est une bonne chose et alors ce n'est pas le Saint-Esprit qui a condamné la séparation entre l'Eglise et l'Etat.

Saint Paul a prédit qu'il viendrait un temps où les hommes ne supporteront plus l'enseignement du Saint-Esprit et se tourneront vers les fables. Peut-être que nous vivons ce temps-là. Saint Paul donne le remède : rester fidèle à l'enseignement du Saint-Esprit et ne pas changer. Si nous vivons ce temps où même les hommes d'Eglise n'enseignent plus ce que le Saint-Esprit a enseigné par exemple concernant la résurrection du Christ et la séparation entre l'Eglise et l'Etat, nous devons rester fidèles à l'enseignement du Saint-Esprit.

Que le Saint-Esprit nous garde tous dans la fidélité à son enseignement ! Ainsi soit-il !

lundi, 05 mai 2008

Sermon - Le Saint-Esprit

1817331391.jpgDimanche après l'Ascension, le 04.05.2008

L'évangile nous parle du Saint-Esprit que Jésus promet d'envoyer à ses Apôtres.

Qui est le Saint-Esprit ? Quel est son rôle ?

Le Saint-Esprit est l'Amour qui unit le Père et le Fils et cet Amour constitue une personne divine : la personne du Saint-Esprit. Le rôle du Saint-Esprit est de sanctifier, de rendre saints. Par sa vie, Jésus nous a obtenu d'être sanctifiés et cette sanctification est accomplie par le Saint-Esprit. C'est en ce sens que le Saint-Esprit vient achever la mission de Jésus ; Il vient nous communiquer la sainteté que Jésus nous a méritée.

Le Saint-Esprit est sanctificateur parce qu'Il nous communique cet Amour qui unit le Père et le Fils. Il n'y a pas de sainteté en dehors de cette participation à l'Amour qui unit le Père et le Fils. C'est pourquoi c'est le Saint-Esprit qui nous communique la charité par laquelle nous aimons Dieu et le prochain en Dieu. En nous communiquant la charité, le Saint-Esprit communique également les sept dons qui reposent sur l'amour de Dieu et du prochain.

Il y a une hiérarchie entre les dons du Saint-Esprit : le plus parfait est le don de sagesse et le moins parfait est le don de crainte de Dieu.

Il y a deux types de crainte de Dieu : il y a la crainte servile qui fait craindre Dieu parce qu'Il a le pouvoir de punir en particulier par l'Enfer éternel ; et il y a la crainte filiale qui fait craindre Dieu comme un fils craint de déplaire à son père. La crainte filiale découle de l'amour : celui qui aime ne veut pas faire ce qui déplaît à la personne aimée.

Le don de crainte de Dieu découle de la charité et non de la peur de l'Enfer et des peines que Dieu réserve aux pécheurs. Par ce don, le Saint-Esprit nous fait agir comme un fils vis-à-vis de son père. Nous sommes les enfants de Dieu et par le don de crainte de Dieu, le Saint-Esprit nous pousse à ne pas faire ce qui déplaît à Dieu. Comment peut-on prétendre aimer Dieu et en même temps ne pas se gêner en faisant ce qui Lui déplaît ?

Le don de crainte de Dieu nous pousse à observer les commandements de Dieu car il plaît à Dieu que ses enfants observent ses commandements.
Comment donc prétendre aimer Dieu et ne pas aller à la messe du dimanche comme Dieu nous le demande dans son troisième commandement ?
Comment prétendre aimer Dieu et vivre en dehors des lois du mariage (comme les divorcés-remariés) alors que cela est opposé au sixième commandement de Dieu ? Ainsi se trouve démasquée l'erreur de ceux qui parlent de l'amour de Dieu tout en ne respectant pas les commandements de Dieu.

Jésus qui, était rempli du Saint-Esprit, était bien évidemment rempli des sept dons et en particulier du don de crainte de Dieu. Il ne craignait pas les peines de l'Enfer, ni les autres qui sont pour les pécheurs ; mais il ne voulait pas faire ce qui déplaisait à son Père.
Il disait : « Ce qui plaît à mon Père, je le fais toujours. »

Que le Saint-Esprit nous remplisse de son don de crainte de Dieu afin que notre volonté soit de faire toujours ce qui plaît à notre Père, ainsi soit-il !

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