mercredi, 14 mai 2008

L'Irlande du Nord fait front contre l'avortement

187824290.jpgL’Irlande du Nord unie contre l’avortement

C’est un fait sans précédent : les chefs des quatre principaux partis politiques d’Irlande du Nord ont écrit ensemble aux députés de Westminster pour dire leur opposition au projet d’étendre la loi sur l’avortement à l’Irlande du Nord.

La loi britannique sur l’avortement, qui date de 1967, ne s’applique pas à l’Irlande du Nord (qui fait partie du Royaume Uni mais pas de la Grande-Bretagne). A l’occasion du vote de la loi sur la fécondation et l’embryologie, en seconde lecture à la chambre des Communes, qui devait commencer hier, un amendement pourrait y être ajouté, étendant le « bénéfice » de la loi de 1967 à l’Irlande du Nord (où l’avortement n’est autorisé qu’en cas de grave danger pour la vie de la mère).

Jeffrey Donaldson, député unioniste et président du groupe pro-vie au Parlement d’Irlande du Nord, disait que « ce serait utile que les quatre chefs écrivent à tous les députés pour réaffirmer cette position. » Voilà qui est fait. « C’est un message très fort que celui-là, souligne-t-il : quatre chefs politiques venant d’horizons politiques très divers, mais unis sur cette idée que nous ne voulons pas que la loi de 1967, avec toutes ses implications, soit imposée à l’Irlande du Nord. »

(Les deux principaux partis sont le Parti démocratique unioniste et le Sinn Fein. Les deux autres sont le parti unioniste d’Ulster et le parti social démocrate travailliste.)

(Source: http://yvesdaoudal.hautetfort.com/)

mardi, 13 mai 2008

Mai 68 : "tout le monde couchait avec tout le monde"

713825235.gif"C'était le droit au désir pour tous. Auparavant, on vivait des amours interrompues qui s'arrêtaient au dernier stade («mes parents ne veulent pas», «je veux rester vierge pour le mariage»). Désormais, une jeune fille pouvait choisir qui elle voulait, désobéir à la norme sociale, parentale, familiale... (...) Disons-le: ce fut une époque où tout le monde couchait avec tout le monde, par désir autant que par curiosité. On aurait dit des enfants lâchés dans une pâtisserie! Enfin, on pouvait tout avoir, tout goûter! On se disait qu'il ne fallait rien refuser, même pas les expériences homosexuelles."
Pascal Bruckner (in L'Express, 15.08.2002)
 

Mai 68, événement symbole de la libération sexuelle et des perversions. Le journaliste et essayiste Jean-Claude Guillebaud écrit dans Sud-Ouest à propos de la pédophilie : "Des crétins dans le vent allaient jusqu'à vanter la permissivité en ce domaine, sans que cela ne suscite beaucoup de protestations". Dans L'Humanité, Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny et responsable de l'Association pour la promotion de la citoyenneté des enfants et des jeunes, expliquait en 1997, l'inertie de la société : "La justice et la police du pays sont à l'image d'un peuple. Il y a quelques années, tout le monde se gobergeait à écouter l'écrivain Matzneff qui racontait dans une émission de Bernard Pivot comment il aimait bien faire l'amour avec des gamines de douze-treize ans, "le sel de sa vie sexuelle", disait-il. Les Français que nous sommes n'ont pas d'un seul bloc fermé leur poste de télévision et contesté la parole de Matzneff. Tout le monde a plus ou moins entendu cette "sexualité différente" qui, somme toute ferait partie "du libre choix des uns et des autres". Aujourd'hui, on parle enfin de crime contre l'humanité."

En 1977, plusieurs intellectuels signent une pétition en faveur d'inculpés maintenus en détention provisoire pendant trois années dans une affaire de pédophilie. Les signataires s'appellent Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Francis Ponge, André Glucksmann, Bernard Kouchner, François Chatelet, Patrice Chéreau, Philippe Sollers, Félix Guattari, Jack Lang... Si le journal Le Monde qui a publié cette pétition, fait aujourd'hui son autocritique, Libé joue sur les deux tableaux : Serge July avoue que son journal a "légitimé des pratiques parfois criminelles". Mais c'est encore Libération qui publie les cris outrés de Philippe Sollers parlant d'une "offensive de droite ou réactionnaire".

samedi, 10 mai 2008

Mai 68 ou l'immoralité au pouvoir

943227447.gif"On s'était inventé un ennemi formidable et mythique, le judéo-christianisme, pour mieux souligner la singularité de notre temps. Mai 68, c'est l'acte d'émancipation de l'individu, qui sape la morale collective. Désormais, on n'a plus d'ordre à recevoir de personne. Ni de l'Eglise, ni de l'armée, ni de la bourgeoisie, ni du parti… Et puisque l'individu est libre, il n'a plus d'autre obstacle face à son désir que lui-même. «Vivre sans temps morts, jouir sans entraves»: c'est la merveilleuse promesse d'un nouveau monde. S'est alors manifestée une véritable jubilation à l'idée de terrasser l'ordre qui avait marqué notre enfance. Nous allions passer de la répression à la conquête! Mai 68, c'est une révolution antiautoritaire, antitraditionaliste, dans laquelle la sexualité agit comme un phare. Tout d'un coup, l'irruption de la volupté! Au XVIIIe siècle, on disait «je vous aime» pour dire «je vous désire». Cette fois, on dit «je te désire» au lieu de dire «je t'aime»."
(Pascal Bruckner, in L'Express, 15.08.2002)

vendredi, 09 mai 2008

Rome ne veut plus d'une gay pride exhibitionniste

Le nouveau maire de Rome contre l’exhibitionnisme de la Gay Pride

2028841269.jpgLe nouveau maire de Rome, Gianni Alemanno, ose s’en prendre à la Gay Pride :

« Je respecte les personnes homosexuelles, j'en connais quelques-unes et je ne fais pas dans la discrimination. Mais je crains que la Gay Pride soit tout autre chose, un acte d'exhibition sexuelle, et je suis opposé à toute forme d'exhibition, homosexuelle ou hétérosexuelle. Le problème, ce n'est pas oui ou non à l'homosexualité, mais oui ou non à l'exhibition. »

Il précise que la Gay Pride fera l'objet de discussions au conseil municipal afin de « trouver une formule qui n'offense personne ».

lundi, 28 avril 2008

Tony Blair catholique ? Vraiment ?

1774730707.gif- ANGLETERRE : Tony Blair, un des architectes essentiels du culte mondial de la mort, s’est converti à l’Eglise Catholique le 21 décembre dernier. Que faut-il en penser ? Petite analyse en 3 phases : Tony Blair avant, pendant et après sa « conversion ».

 

1) AVANT : Déjà à l’époque où il n’était que député travailliste, il avait personnellement voté 3 fois en faveur de l’autorisation de l’avortement « jusqu’au jour de naissance ». Devenu Premier Ministre, il a promu la pratique des avortements secrets sur des écolières sans information des parents, ainsi que la pilule du lendemain pour les jeunes femmes ; il était l’avocat principal de la recherche destructive sur des embryons humains dans les laboratoires anglais; il a personnellement porté à la victoire les objectifs des homosexuels en Angleterre – et ailleurs. Son Gouvernement, viscéralement pro-avortement, anti-familial et anti-chrétien, était complice du projet de contrôle des populations à l’ONU. Sur le terrain religieux, Blair a fait fermer plusieurs agences d’adoption catholiques de Grande-Bretagne en raison de leur refus de confier des enfants à des couples homosexuels ; il a rendu illégale dans les écoles catholiques l’éducation morale basée sur les 10 commandements ; il a privé de subsides publics les œuvres de charité catholiques en leur enlevant le statut d’association d’utilité publique. La politique de Tony Blair – du Labour rouge-sang - est continuée aujourd’hui par son successeur Gordon Brown. En résumé, John Smeaton, directeur de la plus importante association pro-vie anglaise, le SPUC, a déclaré en février 2007 quand il y avait les premières rumeurs de conversion de Tony Blair au Catholicisme : « On peut dire qu’il n’y a virtuellement aucun domaine d’objectifs éthiques pro-vie ou pro-famille qui n’ait pas été rendu pire par le Gouvernement de Blair. » Témoignage terrifiant !

 

2) PENDANT : Sa demande de baptême – « pour pouvoir accompagner ma femme et mes enfants au banc de communion » - fut d’abord repoussée par le cardinal Cormac Murphy O’Connor, archevêque catholique de Londres. Mais Tony Blair s’est tourné vers Benoît XVI auquel il a rendu visite à Rome en automne 2007, pour recevoir l’autorisation de devenir catholique, ce qui fut accordé. Le cardinal O’Connor s’exécuta en recevant Tony Blair le 21 décembre 2007, pendant une cérémonie privée dans la résidence du cardinal, dans l’Eglise Catholique, laissant les Catholiques perplexes, car aucun acte de repentance de la part de Blair ne fut connu.

 

3) APRES : Au contraire, on peut lire dans la presse que, le 3 avril 2008, Tony Blair a participé à Londres au gala annuel de STONEWALL, principal mouvement homosexuel en Angleterre, où Blair avait justement fait le discours principal lors du dîner de 2007. Il a accepté qu’on vende aux enchères « de boire en privé une tasse de thé avec Tony Blair », ce qui a procuré un don de 25.000 Euro à cette association homosexuelle. La même semaine, Tony Blair est accueilli, dans la cathédrale Westminster (catholique) de Londres, pour parler en chaire de sa « Fondation Tony Blair », qui doit « promouvoir le respect, l’amitié et la compréhension entre les croyances religieuses majeures », en voulant faire de la religion « une force positive dans le monde », tout en excluant « les tendances exclusionistes et extrémistes dans les religions d’aujourd’hui » : bref, le programme du NEW AGE ! Par ailleurs, on peut lire dans la presse que les lois de Tony Blair portent des fruits toujours plus amères : pour la première fois un évêque anglican, Mgr Antony Priddis de Hereford, a été condamné début février par un tribunal anglais à un cours de ré-éducation sexuelle et une amende de 47.345 Livres Sterling pour avoir refusé la direction d’un mouvement de jeunesse à un homosexuel, ce grâce aux lois de Tony Blair.

source : UNEC 

jeudi, 24 avril 2008

Italie : pourquoi l'avortement recule


1433343229.JPGL’Italie est culturellement et politiquement en train de basculer dans le camp provie. L’idée d’un « moratoire sur l’avortement » lancé par Giulano Ferrara, directeur du quotidien Il Foglio et ancien porte-parole de Silvio Berlusconi fait son chemin. C’est le résultat d’un patient travail en faveur de la culture de vie dont la région de Lombardie est le chef de file. Un article de Libération du 8 avril s’en plaint, avec force détails. Mais les faits sont là : les Italiens veulent de moins en moins de l’avortement.

La loi 194 sur l’avortement date de la fin des années 70. Elle a été votée en 1978 et s’intitule « Loi pour la tutelle de la maternité et pour l’interruption volontaire de grossesse ». Elle permet l’avortement dans les 90 jours après les dernières règles et au-delà, pour raisons thérapeutiques et menaces graves pour la vie de la santé physique ou mentale de la mère. La stratégie des mouvements pro-vie italiens n’est pas de culpabiliser les femmes, ni de vouloir abolir la loi, mais de l’appliquer dans son intégralité, avec tout ce quelle prévoit ou permet pour venir en aide aux femmes qui songent à avorter. L’avortement a ainsi diminué de 40 % en vingt-cinq ans.

En Lombardie en particulier, sous l’impulsion de Roberto Formigoni, président de la région et laïc consacré de Communion et Libération, il n’existe plus un seul patron d’hôpital public favorable à l’avortement. Plus de 70 % des médecins sont devenus « objecteurs de conscience » et refusent de pratiquer des avortements. L’avortement continue d’être pratiqué (130.000 par an), mais il est encadré par tout un dispositif destiné à fournir une information et des solutions alternatives aux femmes qui sont acculés à le demander.

Dans l’immense majorité des cas, l’avortement est en effet envisagée dans une situation de grande détresse, et dans le flou le plus complet sur la réalité de l’acte. En Lombardie, pour obtenir un certificat d’IVG, il faut préalablement une échographie afin que la femme puisse voir l’embryon qu’elle porte. Comme le remarque Paola Bonzi, qui anime un centre d’aide pour la vie : « On parle d’embryon ou de fœtus, ou même de produit de la conception mais il faut redonner de la chair à ces mots et dire qu’il s’agit bel et bien d’un enfant. » Puis un délai de réflexion de sept jours est requis. Depuis l’an dernier, un décret impose de donner au foetus avorté une sépulture et donc un nom.

Des lieux d’accueil ont été créés. Le centre Mangiagalli, par exemple, subventionné par la région, a reçu 1400 femmes l’an dernier et propose des solutions aux femmes qui choisissent de garder leur enfant : le centre donne de 160 à 300 € à celles qu’il prend en charge, ainsi qu’une assistance durant un an après la naissance. Résultat, 90 % de ces femmes décident de poursuivre la grossesse jusqu’à terme.

Sur le plan politique, les partis et les élus sont très partagés. Paolo Sorbi, ex-militant communiste, devenu, à la suite d’une conversion, président milanais du Mouvement pour la vie, l’explique : « Nous brouillons les lignes, nous gênons une gauche embourgeoisée en rappelant haut et fort que le corps, y compris celui des embryons, n’est pas une marchandise et qu’au-delà de la réalité de la lutte des classes, il y aussi le droit à la vie. » Deux raisons expliquent cette évolution : le soutien de l’Église et la mobilisation des catholiques qui sont désormais en Italie pratiquement les seuls bénévoles à s’engager sur le terrain dans les quartiers difficiles pour monter des dispensaires où les femmes en détresse sont accueillies et soutenues.

samedi, 12 avril 2008

Gay jusque dans la tombe

1345420883.jpgToujours plus de communautarisme !
Les homosexuels danois disposent de leur premier espace privé post-mortem. L'association d'homosexuels Regnbuen a loué des espaces d'un cimetière de Copenhague afin que ceux-ci se retrouvent entre-eux outre-tombe.
Cela rappelle furieusement les parcelles réservées aux musulmans dans divers cimetières d'Europe.
Et après cela, tout ce beau monde viendra encore nous parler de discrimination !

samedi, 29 mars 2008

Le "gender" est-il une "idéologie" ?

ROME, Dimanche 23 mars 2008 (ZENIT.org) - Le « gender » est-il une « idéologie » ? Marguerite A. Peeters analyse les tenants et aboutissants dans cet entretien accordé à Zenit. Marguerite Peeters est belgo-américaine. Elle a récemment évoqué ce thème lors du congrès international organisé à Rome par le conseil pontifical pour les Laïcs, à l'occasion des 20 ans de « Mulieris dignitatem ».  L'auteur est rédactrice en chef de l' « Interactive Information Services » (cf. iis@skynet.be ), un service d'information spécialisé dans l'étude de la mondialisation, de ses concepts-clefs et de ses mécanismes opérationnels

Zenit - Au congrès qui a marqué les 20 ans de « Mulieris Dignitatem », vous êtes intervenue sur « l'idéologie du gender ». Si beaucoup parlent du gender, peu savent précisément de quoi il s'agit...

1043998668.jpgMarguerite A. Peeters - Gender se traduit diversement en français : entre autres, par égalité des sexes, égalité des genres, parité, sexospécificité, autonomisation de la femme ou diversité des genres ou des sexes. La multiplicité de ces expressions crée une confusion sémantique qui relève en fait d'une stratégie utilisée pour cacher le véritable sens du gender et éviter les définitions claires. Souvent le mot est utilisé dans sa langue originale, l'anglais. Le gender n'est pas à proprement parler une idéologie, mais un phénomène culturel, un processus subtil de déconstruction culturelle et anthropologique. Il est le fruit d'un long parcours révolutionnaire occidental qui, en particulier depuis la révolution française, a été mu par une conception faussée de l'égalité entre les sexes et une volonté perverse de « libérer » l'individu de tout cadre normatif donné par la nature, la tradition, la révélation et Dieu lui-même. L'objectif du gender est de permettre à chacun de choisir « librement » sa fonction sociale, son identité ou orientation sexuelle, sa « forme de famille ». Le gender considère la vocation de la femme en tant que mère et épouse comme une construction sociale contraire à l'égalité, comme un « stéréotype » à déconstruire. La déconstruction se fait  prioritairement par l'éducation des enfants (à l'insu des parents), mais aussi à travers les media, les législations, les politiques, les procédures décisionnelles dites « consensuelles », les « sessions de formation », la propagande tout azimut. La nouvelle culture favorise la promotion des divers droits des lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transsexuels. On peut dire que le gender a déjà créé une culture mondiale dans laquelle parler de complémentarité homme-femme est devenu discriminatoire et contraire à l'éthique. Une nouvelle éthique mondiale du « libre choix » ainsi compris menace de remplacer les cultures traditionnelles non-occidentales et l'éthique judéo-chrétienne.

Zenit - Quelle est l'ampleur du phénomène ?

Marguerite A. Peeters - Incommensurable. Depuis la conférence de Pékin de 1995, lorsque ce concept est devenu l'objet d'un prétendu consensus mondial, le gender  s'est intégré au cœur des politiques internationales, régionales, nationales et locales, des instruments juridiques (comme le Protocole de Maputo en Afrique), des manuels scolaires, des codes éthiques des entreprises, des ONGs de développement, des Objectifs pour le Développement du Millénaire (ODM) censés être atteints d'ici 2015. Il s'est imposé comme priorité transversale de la coopération internationale. D'ores et déjà, le gender a pénétré dans nos sociétés par tous ses pores. Nous sommes maintenant en pleine phase d'application. Les agents de transformation exercent sur les pays en voie de développement une pression maximale. Dans de nombreux pays, notamment africains, des ministères du genre ont déjà remplacés les ministères de la famille : même s'il semble s'agir d'abord de promouvoir le développement social de la femme, la porte est désormais ouverte dans les pays en voie de développement à une déconstruction anthropologique opérée par des ingénieurs sociaux radicaux venant d'ailleurs. Le gender avance masqué.

Zenit - Pourquoi dites-vous que le mot « idéologie » ne convient pas ?

Marguerite A. Peeters - Parce qu'il évoque des systèmes de penser se rattachant à la modernité occidentale dont on a dit avec raison en 1989 qu'ils étaient finis en tant que systèmes, c'est-à-dire dans leur dimension intégrée, intellectuellement cohérente, clairement identifiable, totalisante, se rattachant à des « maîtres » à l'origine de « grandes théories » ayant donné naissance à des écoles de pensée : pensons au marxisme-léninisme, au nihilisme, au structuralisme, au kantisme, au positivisme, au modernisme, au nominalisme, à l'existentialisme athée et même, je dirais, au féminisme. Ces idéologies se sont déconstruites d'elles-mêmes les unes après les autres et le processus de déconstruction qu'elles ont enclenché ne charrie maintenant que des résidus. En Occident, depuis mai 68, le passage à la postmodernité s'est accéléré sans qu'on s'en rende compte ; on a basculé du rationalisme moderne à l'irrationnel postmoderne. En tant que processus ambivalent, diffus, insaisissable, sournois, opérant de l'intérieur des institutions et des cultures, difficile à identifier clairement, humainement incohérent, le gender appartient pleinement à la postmodernité occidentale. Les résidus du féminisme sont l à, mais le gender va encore plus loin dans la voie du radicalisme : il « célèbre » culturellement la diversité des choix de comportements sexuels au nom d'une égalité de pouvoir de tous les citoyens.

Zenit - Tout est-il négatif dans ce concept ?

Marguerite A. Peeters - Comme tous les concepts postmodernes, le gender opère une double déconstruction : d'une part celle du dessein de Dieu, et d'autre part celle des abus de la modernité. Le gender tente de répondre aux désordres réels du machisme, de l'autoritarisme, du cléricalisme, du paternalisme, de la domination de l'homme sur la femme qui est une conséquence du péché originel, comme nous le révèle le récit de la Genèse. Parlant à la femme après la chute, Yahvé dit : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et lui dominera sur toi. » (Gen. 3, 16) Le gender répond à la domination masculine, non par l'amour et la réconciliation, mais par une révolte et une prise de pouvoir de la femme (empowerment) qui cherche à devenir l'égale de l'homme en termes de pouvoir social. Plaisir, pouvoir, possession de « connaissance » : ces tentations ont été les grands thèmes de la révolution féministe et sexuelle occidentale qui s'est mondialisée dans les années 1990 ; à travers le gender, elles sont même devenues une norme de la coopération internationale actuelle. Depuis la Genèse, on n'invente rien.

Zenit - Que déconstruit le gender ?

Marguerite A. Peeters - La structure anthropologique de l'homme et de la femme telle qu'elle a été créée par Dieu, qui est Père, Fils et1538661926.jpg Saint-Esprit. Autrement dit, le dessein d'amour trinitaire de Dieu sur l'homme et la femme. Le combat dans lequel nous sommes concerne l'homme lui-même, son origine divine et sa prédestination trinitaire. La mort de l'homme n'est-elle pas une conséquence de la « mort de Dieu » proclamée par Feuerbach et Nietzsche ? Nous sommes tous faits pour être père ou mère, fils ou fille, époux ou épouse, frère ou soeur. Or en niant la complémentarité anthropologique homme-femme, en voulant faire de tous des citoyens radicalement « égaux », en s'attaquant à la maternité comme une injustice sociale, en réduisant l'homme et la femme à leur fonction sociale, en en faisant des « partenaires » liés entre eux par un « contrat », on crée une culture qui empêche la réalisation de notre vocation humaine universelle.

Zenit - Un signe des temps, d'après vous ?

Marguerite A. Peeters - Oui, la « fin des idéologies » ne signifie pas pour autant la fin du processus antéchristique dont Saint Jean parlait déjà dans sa première épître (2, 18) : « déjà maintenant beaucoup d'antéchrists sont survenus ; à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là ». Nous savons qu'avant le retour du Christ, comme nous l'annonce Saint Paul dans la seconde lettre aux Thessaloniciens (2, 3-4), « doit venir l'apostasie et se révéler l'Homme impie, l'Etre perdu, l'Adversaire, celui qui s'élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu'à s'asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu ». Du début à la fin de l'histoire, nous sommes dans un combat apocalyptique. Nous pensons aussi à la question du Christ : « Quand le Fils de l'Homme reviendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » L'aspect le plus préoccupant de la révolution culturelle mondiale et de l'ingénierie sociale qu'elle opère à une vitesse foudroyante est son lien direct avec l'apostasie. Nous avons constaté en Occident que la révolution culturelle n'a pas été sans conséquences pour la foi. C'est ce que nous rappelait, en novembre dernier, le Patriarche œcuménique Bartholomé : « La philosophie des Lumières en Occident et la révolution française ont déclenché une véritable révolution culturelle visant a remplacer la tradition précédemment chrétienne du monde occidental par une nouvelle conception de l'homme et de la société qui n'est pas chrétienne. »

Zenit - Quelle attitude les chrétiens doivent-ils avoir face à la révolution culturelle ?

Marguerite A. Peeters - Le premier service que l'Eglise ait rendre à l'humanité est d'être et de rester elle-même. Les chrétiens ne sont-ils pas appelés, pour emprunter à nouveau les mots du Patriarche, « à revenir à la plénitude, la jeunesse et la pureté de la tradition chrétienne de l'Eglise primitive » ? L'Eglise ne peut se compromettre avec des paradigmes, des programmes, des « valeurs », une éthique venant d'ailleurs. Or, souvent par ignorance, beaucoup de chrétiens se laissent séduire par la nouvelle éthique, ce qui les entraîne parfois jusqu'à l'infidélité au Magistère.

Zenit - Vous avez adressé votre livre « La mondialisation de la révolution culturelle occidentale : concepts-clefs, mécanismes opérationnels » prioritairement aux africains. Pourquoi ?

Marguerite A. Peeters - L'Occident doit faire son mea culpa et mesurer sa part de responsabilité dans le processus de déconstruction culturelle mondiale actuellement en cours. Le gender est un produit occidental qui est maintenant imposé à l'Afrique comme condition d'aide au développement. Or le gender menace les dons que Dieu lui-même a faits à l'âme africaine ; le sens de la paternité humaine et divine et d'une fraternité qui est filiale et non purement horizontale, la grâce de l'esprit d'enfance, la célébration de la maternité et de la vie.

samedi, 22 mars 2008

Actualité pro-vie : Alain Escada s'exprime dans la presse danoise

620978537.jpgSi la presse belge francophone offre généralement peu de place aux représentants des mouvements catholiques, voire les méprise, il n'en va pas de même de la presse étrangère. Nous indiquions hier que le Figaro avait interrogé Alain Escada, président de Belgique et Chrétienté, à propos de l'islamisation de Bruxelles. Signalons également une interview pour un quotidien danois, le Kristeligt Dagblad. Alain Escada y répond à une série de questions concernant le nouveau dynamisme des mouvements pro-vie d'Europe. ( http://www.kristeligt-dagblad.dk/artikel/279573:Udland--M... )

jeudi, 21 février 2008

France - Les défenseurs de la Famille s'organisent

019c8e5d72c6e403031193149ef0b0eb.jpgCe mardi 19 février, Alain Escada était l'un des intervenants d'un intéressant débat organisé à Saint-Cloud à propos des mesures à prendre pour défendre la Famille.
C'est l'association "Laissez-les-vivre" qui en avait pris l'initiative. Une dizaine d'associations (Mouvement Catholique des Familles, Institut Civitas, Action Familiale et Scolaire, Collectif "Papa, Maman et Moi",...) s'étaient jointes à ce projet d'organiser une série de débats en différentes villes de France sur le thème de la Famille. Pour ce premier test, plus de 150 personnes avaient fait le déplacement. Le débat était animé par deux journalistes, à savoir Jeanne Smits (Présent) et Philippe Maxence (L'Homme Nouveau). Quant aux intervenants, outre notre président, il y avait autour de la table Maître Isabelle Bredy, Hélène d'André (Civitas), Anne-Catherine de Lacoste (MCF), Pierre et Béatrice Vouters (LLV) et François Billot, auteur d'un livre sur l'affaire Vanneste (député UMP condamné pour homophobie).
Devant un public très intéressé et participatif, les intervenants ont dénoncé le contenu anti-famille du Traité de Lisbonne et les mesures anti-famille du gouvernement Sarkozy. Il a beaucoup été question de la limitation progressive de notre liberté de nous exprimer sur les sujets qui nous importent. Ainsi que de la façon dont l'Etat confisque insidieusement l'autorité parentale et s'arroge le droit de formater nos enfants.
Alain Escada a proposé quelques axes de réflexion pour la suite : agir de façon à donner plus de visibilité à notre combat, s'engager en politique (notamment à l'échelon local), se structurer (par la mise en place de réseaux, améliorer la communication et la coordination de nos efforts) et se professionnaliser (nos adversaires, eux, disposent de salariés payés à temps plein pour organiser la subversion).
Nul doute que des suites intéressantes pourront vous être annoncées bientôt.

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