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lundi, 28 avril 2008

Sermon

868258158.jpgCinquième dimanche après Pâques, le 27.04.2008
« Je suis sorti du Père et … je retourne au Père ».

À quelques jours du retour de Notre Seigneur à son Père, la liturgie de ce dimanche nous donne ses paroles qui doivent être les nôtres.
Comme Notre Seigneur, nous sommes sortis du Père et nous devons retourner au Père. Nous sommes sortis du Père par la création et nous devons retourner au Père car le Père a tout créé pour Lui.

Toutes les créatures sont sorties du Père et toutes doivent retourner au Père. Les créatures sans intelligence retournent nécessairement au Père qui les a créées mais les créatures intelligentes peuvent malheureusement refuser ce retour au Père : c'est le mystère de l'Enfer éternel. Nous catholiques, nous voulons retourner au Père et la question qui se pose alors est la suivante : comment pouvons-nous retourner au Père ?

Le retour au Père est impossible sans la pratique des vertus et de ces vertus qui nous mettent en contact direct avec le Père : les vertus théologales. Ces trois vertus sont nécessaires pour retourner au Père.
La foi est la lumière qui éclaire la route du retour vers le Père mais nous savons bien que la foi seule est insuffisante. Celui qui marche vers un but déterminé a le ferme espoir d'y parvenir. La foi qui nous guide dans notre retour vers le Père doit être accompagnée par la ferme espérance de parvenir jusqu'au Père. Cependant, foi et espérance sont encore insuffisantes pour réaliser notre retour au Père.

Pour rendre ce retour possible, la foi et l'espérance doivent être perfectionnées par la charité qui est un amour de bienveillance envers Dieu et le prochain vu en Dieu. Par la charité, Dieu et le prochain sont aimés pour eux-mêmes et non pour le bien qu'ils pourraient procurer à ceux qui les aiment comme dans l'amour de concupiscence.

Cette charité est un amour surnaturel et qui veut donc le bien surnaturel du prochain et pas seulement ni d'abord son bien naturel.
La charité veut principalement le bien surnaturel du prochain et quel est-il si ce n'est que le prochain puisse retourner au Père par la pratique des trois vertus théologales. La charité ne veut pas d'abord que le prochain puisse manger à sa faim, se vêtir et se loger décemment car tous ces biens sont purement naturels et à eux seuls ne permettent pas au prochain de retourner au Père. Il est donc bon de vouloir le bien-être matériel du prochain mais seulement en dépendance de son bien-être surnaturel à savoir la pratique des vertus théologales. Ainsi il n'est plus possible de confondre humanitarisme et philanthropie qui sont de bonnes choses mais purement naturelles avec la charité qui est un amour bien supérieur car surnaturel.

Nourrir les pauvres est une bonne chose, mais cela n'est pas suffisant pour retourner au Père car cette action est naturelle tandis que le retour au Père est surnaturel. Il ne suffit pas de passer toute sa vie à nourrir les pauvres pour retourner au Père car une action naturelle et bonne, voire très bonne lorsqu'elle est prolongée pendant toute une vie, reste radicalement incapable d'un résultat surnaturel comme le retour au Père. Il faut donc nourrir les pauvres (œuvre purement naturelle) et pratiquer l'amour surnaturel de bienveillance qui est la charité ! L'un ne va pas sans l'autre.

Jésus en montant au Ciel nous a obtenu la grâce de Le suivre par la pratique de la foi, de l'espérance et de la charité afin de réaliser nous aussi notre retour vers le Père, ainsi soit-il !

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