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jeudi, 25 octobre 2007

Hommage à Rudy Bogaerts

Comme beaucoup, je veux prendre quelques instants pour saluer la mémoire de Rudy Bogaerts, parti bien trop tôt.

Loin de la biographie officielle, il y avait le vrai Rudy, véritable animal politique dès son plus jeune âge. Il se flattait d'avoir été, encore adolescent, membre de l'OAS. Etudiant, il avait eu un fameux parcours. Membre actif de Jeune Europe (où il croisa aussi bien le Docteur Teichmann que l'entarteur Noël Godin), d'Occident, d'Ordre Nouveau (il chassait les rouges à l'ULB en 68 !), des JBJ (où il rencontra les frères Breydel et la clique du CEPIC, Paul Vanden Boeynants en tête). 

Politiquement incorrect, il l'était à coup sûr. Ce qui ne l'empêcha pas de devenir le directeur d'une école privée qui vit défiler quantité d'enfants et petits-enfants des grands noms du paysage industriel de Belgique. D'une intelligence supérieure, il pouvait tout leur enseigner : les mathémathiques, les langues (il s'adressait en grec aux serveurs de pittas du centre-ville !), l'histoire, la géographie,... Du reste, c'est à lui que le Palais fit appel pour devenir le Précepteur particulier du Prince Laurent, ce dont il conserva quantité d'anecdotes étonnantes.

Rudy fut toujours attiré par la presse autant que par la politique. On se souviendra qu'il anima des années durant une publication qui s'appelait Jaco (en référence au quartier Fort-Jaco à Uccle, son fief). Déjà à ce moment, il affichait une forte dose de provocation et menait grande guerre à quelques hommes politiques du moment.

C'est à cette époque que j'ai eu la joie de commencer à le connaître. Puis il est venu au BEB, m'a suivi à UNIE. Si notre tandem ne fit pas de grands résultats électoraux, nous avions pourtant souvent l'occasion de réaliser des "coups" médiatiques, Rudy déployant une imagination sans limite.

Lorsqu'il reprit "Père Ubu", il me fit participer à sa "rédaction" (où, sans jamais se croiser, se rendaient tous les éléments subversifs du Royaume...).

Nous n'étions pas d'accord sur tout, loin s'en faut. Mais Rudy était d'une fidélité exemplaire en amitié. Et je me souviendrai longtemps de ses nuits d'insomnies, lorsqu'il me téléphonait à des heures impossibles et me proposait de l'accompagner faire un tour nocturne de Bruxelles. Nous refaisions le monde encore et encore.

Rudy était un homme sans tabou, il faut le souligner. Il prenait plaisir à parler autant avec Filip De Winter qu'avec l'Abbé Vanderbiest. C'était un inclassable.

Certains qui ne l'ont pas connu pourraient penser que Rudy était l'un de ces bourgeois ucclois prétentieux. Il était tout le contraire. Issu d'un milieu modeste, il en avait gardé le goût pour la zwanze bruxelloise et se sentait partout à l'aise, dans les Marolles comme chez le Roi. Et surtout parmi les jeunes, cultivant auprès d'eux un humour potache ravageur.

Son physique d'ours pouvait faire croire que l'homme était solide. Mais la maladie l'avait déjà tourmenté depuis des années. Ses horaires étaient inhumains. Il enseignait le jour, écrivait la nuit, dormait rarement.

J'avais un camarade, qu'il repose en paix et soit assuré de mes prières.

Alain Escada

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Commentaires

Bravo pour cet hommage à Rudy qui était la seule voix libre et pleine de justesse de la presse belge.
Jehan BENSELIN

Ecrit par : benselin | mercredi, 31 octobre 2007

Bravo pour cet hommage à Rudy qui était la seule voix libre et pleine de justesse de la presse belge.
Jehan BENSELIN

Ecrit par : benselin | mercredi, 31 octobre 2007