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lundi, 19 février 2007

Qui gouverne Charleroi ?

Qui gouverne

 

Charleroi ?


Depuis septembre 2005, une multitude de scandales politico-financiers secouent les plus hautes autorités de la ville de Charleroi.

Qui n'a entendu parler de « La Carolorégienne », de l'ICDI ou plus récemment d' « Immo congo »?

La presse a relaté abondamment ces « affaires » où se mêlent corruption, abus de biens sociaux, détournements de fonds, falsifications, concentration de pouvoir, escroquerie et menaces.

Le bourgmestre et les principaux échevins de la ville ont été incarcérés (soit un tiers du collège échevinal)...

Des carolos facétieux ont même proposé que les réunions du conseil communal se déroulent... à la prison de Jamioulx.

C'est ce contexte très polémique, et dont l'épilogue judiciaire doit encore advenir, qu'un journaliste indépendant a choisi de décrire dans un ouvrage intitulé « Charleroi, le séisme »(1).

Ce journaliste, Didier ALBIN, connaît bien la métropole sambrienne où il travaille depuis 1990.

Au cours d'une centaine d'entrevues, il a rassemblé une importante documentation sur les « affaires » de Charleroi.

Se basant sur des faits précis et sur des témoignages souvent inédits, Didier Albin nous entraîne dans une enquête passionante qui prend parfois des allures de roman policier.

Faisant fi des préjugés, il n'épargne aucun des protagonistes.



Fraternité maçonnique

Ainsi, cette démarche courageuse l'amène à rechercher les raisons de l'étrange revirement qui aboutit – après les élections communales d'octobre 2006 – à la mise en place d'une coalition qui allie des personnages aussi antagonistes que le socialiste Jean-Claude VAN CAUWENBERGHE et son bouillant adversaire libéral, Olivier CHASTEL.

Au-delà des choix tactiques inhérents aux partis politiques, Didier ALBIN dévoile le motif de cette entente cordiale : tous deux sont francs-maçons et ils appartiennent à la loge « La Charité »... et l'auteur de préciser que le dictionnaire du diable définit le duel comme étant une formalité préliminaire à la réconciliation de deux ennemis... Solve et coagula...

Cette initiative serait sans doute louable, si elle ne dissimulait des agissements répréhensibles.

On apprend notamment que la loge « La Charité » rassemble environ cent cinquante membres issus de la magistrature, de la fonction publique, du monde des affaires et de la politique.

« On s'y rend beaucoup de services ! ».

Ce qui expliquerait bien des mystères de l'actualité.

La société de tel frère emporte le marché des parkings payants, tel autre est architecte et la ville lui confie les projets les plus rémunérateurs.


Un gouvernement noir des affaires publiques

On est loin de l'idéal maçonnique de recherche de la vérité et de progrès de l'humanité. Toutefois, ce « copinage » ne serait que la partie émergée de l'iceberg de la corruption. Preuves à l'appui, Didier ALBIN parvient à démontrer que la franc-maçonnerie a généré une sorte de « gouvernement noir des affaires publiques » qui réussirait à annihiler tout contrôle institutionnel.

Ainsi, Claude DESPIEGELEER, administrateur de la société de logements sociaux « La Carolorégienne » a été de 1997 à 2002, l'administrateur de la société wallonne de logement (SWL) chargée du contrôle des sociétés de logement sociaux.

Qant à Alain ROSENOER, auteur du rapport d'audit divulgué fort opportunément par Olivier CHASTEL, il est comme DESPIEGELEER, un « camarade socialiste » et un « frère franc-maçon ». Une telle duplicité ferait sourire, si elle ne s'opérait au détriment des locataires de la « Carolorégienne ».


L'usine du diable

Un des chapitres parmi les plus étonnants du livre de Didier ALBIN, est consacré aux témoignages des ouvriers de l'incinérateur de Pont-de-Loup. L'ICDI y aurait procédé à la destruction de mystérieux déchets provenant de l'étranger.

L'auteur décrit les conditions de travail très pénibles du personnel. Au mépris des règles de sécurité et de protection de l'environnement, les ouvriers devaient brûler des déchets provenant des hopitaux et déboucher à la main les trémies obstruées, risquant d'être piqués par des seringues contaminées.

L'incinérateur aurait bien mérité son nom d' « usine du diable ».

Décidément, il est souvent question du diable dans l'ouvrage de Didier ALBIN.

Il est vrai qu'aux dires de certains, les loges maçonniques sont les synagogues de Satan.


 

On savait déjà que les artères principalles de la ville de Charleroi sont dédiées à des francs-maçons (du boulevard Joseph Tirou à l'avenue Paul Pastur en passant par les boulevards Hippolyte Defontaine et Adrie Dewandre). Aujourd'hui, grâce à Didier ALBIN, on sait que la ville entière est aux mains de cette secte que la commission chargée de la surveillance des phénomènes sectaires feint d'ignorer superbement.


DD, Cercle Saint Joseph (Civitas)


(1) « Charleroi, le séisme », Didier Albin, Editions Luc Pire, collection « Voix politiques » (2006).