« Le KGB, auteur de la légende noire sur Pie XII | Page d'accueil | Avorter c'est tuer »

mercredi, 31 janvier 2007

« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »

« Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »

4° dimanche après l’Epiphanie : 28.01.2007

 

Selon saint Paul, la charité fraternelle est une dette : « Ne soyez en dette envers personne si ce n’est de mutuelle charité » Je dois la charité à mon prochain et je suis en droit d’attendre de sa part la même charité envers moi. Si je m’acquitte de cette dette, je suis un homme parfait selon la parole de saint Paul : « Celui qui aime le prochain accomplit la Loi »

Mais que signifie aimer le prochain ?

Il s’agit d’abord d’un amour surnaturel et pas seulement d’un amour naturel. Naturellement, je suis porté à aimer ceux qui m’aiment, à aimer mes frères et sœurs, mes parents, ceux qui me sont sympathiques. Si je suis wallon, je suis naturellement porté à aimer les Wallons ; et il en va de même si je suis flamand. Cet amour est bon mais ce n’est pas encore la charité car la charité est un amour surnaturel : le prochain est aimé pour des motifs surnaturels. Nous ne devons pas non plus confondre la solidarité avec la charité. Il est bon d’être solidaires des pauvres, des chômeurs, des affamés mais ce n’est pas encore un amour surnaturel, ce n’est pas encore la charité. Quand saint Paul nous parle de celui qui aime le prochain, il ne nous parle pas d’un amour naturel.

Aimer le prochain signifie vouloir au prochain les biens surnaturels : la foi bien sûr ; l’espérance et la charité. Il est bien de donner à manger à ceux qui n’ont pas la foi mais si je ne cherche pas à leur donner en plus la nourriture spirituelle de la foi, je ne pratique pas encore la charité. On pourra dire que j’ai pratiqué la philanthropie, que j’ai été solidaire des faibles mais on ne pourra jamais dire avec vérité que j’ai pratiqué la charité. Parce que la charité veut donner les biens surnaturels, la charité cherchera évidemment à donner aussi tous les autres biens. Mais la charité sait qu’il faut d’abord rechercher ce qui regarde le Royaume des Cieux avant de rechercher les biens de ce monde. La charité assume en elle-même tout amour naturel authentique ; impossible d’être charitable sans en même temps avoir le souci des pauvres et de tous les malheureux de la terre.

Il n’est pas possible de comprendre ce que signifie aimer le prochain sans nous demander qui est le prochain. Les juifs contemporains de Jésus pensaient que le prochain était seulement le juif comme eux de telle sorte que tous les non-juifs ne pouvaient être le prochain. Jésus a pris le temps de leur montrer leur erreur : le prochain est tout homme qui a besoin de mon aide. Il y a une autre erreur sur l’identité du prochain ; c’est l’erreur qui consiste à dire que le prochain est seulement celui qui ne m’a jamais fait de mal. Pour ceux-là, aimer le prochain signifie aimer seulement ceux qui ne m’ont jamais manqué de respect, ceux qui n’ont toujours fait du bien. Jésus a aussi pris le temps de leur montrer leur erreur : « Si vous ne saluez que ceux qui vous saluent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne faites du bien qu’à ceux qui vous font du bien, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. Et si vous ne donnez qu’à ceux qui vous donnent, que faites-vous d’extraordinaire ? Même les païens en font autant. » En d’autres termes, il s’agit d’un amour naturel et il n’est pas étonnant de trouver l’amour naturel même chez les païens mais nous ne trouverons jamais de charité chez eux ! La charité va vraiment plus loin que le simple amour naturel. L’amour naturel ne verra pas le prochain dans l’étranger, dans celui qui mal fait du mal ; seule la charité permet de dépasser le mal que le prochain m’a fait. La charité nous fait comprendre que même s’il m’a fait du mal, il reste toujours le prochain et il le sera toujours.

 

Il nous est facile d’avoir des illusions sur la charité soit sur charité que nous pensons avoir, soit sur la charité que nous attribuons aux autres. Saint Paul nous rappelle que la charité est un amour surnaturel, un amour qui veut donner en premier lieu des biens surnaturels, un amour qui reconnaît le prochain même derrière celui qui nous fait du mal.